Nombre de messages: 3834 Date d'inscription: 09/10/2009 Age: 54 Localisation: MONTREUIL
Sujet: Re: crise financiere Mer 22 Fév - 10:13
Le prix des carburants commencent à exaspérer les routiers de la Réunion.... Allons nous revoir des opérations escargots dans l'hexagone à l'approche des élections ?
_________________ Crux sacra sit mihi lux
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Mer 22 Fév - 12:48
[youtube][/youtube]
ils ont mis le desordre dans le monde, et nous savons que ce desordre est aujourd'hui partout...
nous allons vers un cahos politique mondial (dixit Dupont-Aignan)
donc...
ils donneront comme solution le NOM
on en voit le premier grand exemple avec le MES
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Ven 24 Fév - 1:04
Mardi 15 février 2011
"L'éthique de la production de monnaie" de Jörg Guido Hülsmann
Paul Ricoeur faisait une distinction entre éthique et morale. Il ne s'agissait pour lui que d'une nuance, qui avait tout de même son importance. Pour lui l'éthique était supérieure à la morale parce qu'elle mettait l'accent "sur ce qui est estimé bon" plutôt que "sur ce qui s'impose comme obligatoire".
C'est pourquoi, me semble-t-il, Jörg Guido Hülsmann ici a orienté son propos sur L'éthique de la production de monnaie, dans son livre publié aux éditions L'Harmattan ici, plutôt que sur sa moralité.
Dans cette étude l'auteur s'appuie tout du long sur des textes de l'Eglise catholique et sur des textes économiques de l'école autrichienne, tant il est vrai que les préoccupations morales catholiques s'accordent bien avec les conceptions des économistes de cette école, notamment sur le capitalisme tel qu'il devrait être :
"Le système social de division du travail reposant sur un respect intégral et universel des institutions fondamentales de la société, à savoir la propriété privée et la liberté d'association."
Pour ce qui concerne la monnaie Hülsmann parle donc dans son livre de ce qu'est la production naturelle de monnaie, de l'inflation et des systèmes monétaires tels qu'ils découlent de l'inflation.
Qu'est-ce qu'une monnaie naturelle ? "Tout type de monnaie dont l'usage est le résultat de la coopération naturelle des individus".
Pendant des millénaires les hommes se sont servis de monnaies naturelles telles que l'or, l'argent, le cuivre, non pas "en raison de leurs qualités physiques, mais parce que des individus libres les ont spontanément choisies pour remplir cette fonction".
Ce qui caractérise les monnaies naturelles c'est d'avoir une valeur intrinsèque, d'être susceptibles d'être consommées, avant d'être utilisées comme moyen d'échange. Il existe toutefois une autre monnaie naturelle que les métaux précieux, la reconnaissance de dette, c'est-à-dire la monnaie de crédit, qui "ne tire sa valeur que de l'espérance d'un remboursement futur sous forme de marchandise" , mais elle ne peut donc pas naturellement prendre de grandes proportions.
A contrario le papier-monnaie n'a jamais été au cours de l'histoire une monnaie naturelle au sens de la définition rappelée ci-dessus :
"Les gouvernements ont émis du papier-monnaie auquel ils ont conféré cours légal, imposant ainsi à chaque citoyen l'obligation légale de l'accepter en paiement."
Il en est de même de la monnaie électronique.
La monnaie naturelle revêt la forme de certificats incorporés matériellement ou non à la monnaie. Dans le premier cas il y a un lien avec les poids et mesures de la matière, dans le second il s'agit de substituts qui certifient une quantité de métal précieux.
La production naturelle de monnaie ?
"Sur un marché libre, la production monétaire s'intègre pleinement à la division générale du travail. Des pièces supplémentaires sont fabriquées aussi longtemps que cette production offre les meilleurs retours possibles sur les ressources investies dans la production. La production est réduite dans la mesure où les perspectives offertes par les autres branches de l'industrie deviennent meilleures."
La production naturelle de monnaie ne peut être légitime qu'en respectant un certain nombre de règles éthiques, par exemple ne pas tromper sur la marchandise qu'elle certifie. L'utilisation de la monnaie ne peut être éthique que s'il n'en est pas abusé en pratiquant des taux d'intérêt excessifs, c'est-à-dire usuraires, ou illégitimes, par exemple en prélevant un intérêt tout court dans le cas de crédit à la consommation.
Est-il possible que l'économie croisse sans que ne croisse le stock de monnaie ?La réponse est oui. La seule conséquence est que les prix monétaires des biens et services produits en plus grande quantité vont baisser. En cas de forte croissance la diminution de la taille des pièces en un métal précieux peut se résoudre par l'adoption d'un autre métal précieux. La baisse des prix peut alors être anticipée par les entrepreneurs qui doivent réduire leurs coûts, comme c'est le cas aujourd'hui sur le marché des ordinateurs et des technologies de l'information.
L'auteur démonte les sophismes suivants :
- la thésaurisation empêche l'économie de fonctionner
- la déflation doit être combattue
- "la manipulation du stock de monnaie peut être un instrument adapté au rétablissement de l'équilibre sur certains marchés"
- "le papier-monnaie peut aider à faire baisser le taux d'intérêt et promouvoir ainsi la croissance économique"
- "la monnaie doit constituer le point d'ancrage qui garantit la stabilité économique"
- le coût de la fabrication de pièces est prohibitif comparé à celui du papier-monnaie.
L'inflation ?
"On peut définir l'inflation comme l'augmentation de la quantité nominale d'un moyen d'échange au-delà de la quantité qui en aurait été produite sur le marché libre."
Autant dire que cette définition n'a rien à voir avec l'acception communément admise.
Si l'on entend le marché libre comme la "coopération sociale conditionnée par le respect des droits de propriété", l'inflation ne peut résulter que d'une violation des droits de propriété, ce que l'on se garde bien de faire transparaître.
Si la contrefaçon privée peut exister, ses effets sont limités comme l'explique l'auteur. Il en est ainsi des certicats gagés sur des réserves fractionnaires. Tout change à partir du moment où l'Etat entre en scène :
"En tous temps et en tous lieux, ce sont les gouvernements qui ont été les principaux bénéficiaires de l'inflation [...]. Ils ont d'abord cessé de la combattre, avant de la faciliter, de l'encourager pour finalement la promouvoir de toutes leurs forces. Ils ont entravé puis supprimé le marché libre de la production de monnaie, tout en mettant en place des institutions qui étaient destinées à entretenir une inflation perpétuelle et qui étaient remodelées en permanence afin d'augmenter leur potentiel inflationniste."
Comment ?
En accordant des privilèges à certains aux dépens des autres. L'auteur nous explique comment les gouvernements procèdent. Ils ont recours :
- à la contre-façon légale : en légalisant des réserves fractionnaires et en dépréciant des pièces
- aux monopoles légaux
- au cours légal
- aux suspensions légales des paiements : le refus de rembourser la contrepartie métallique des certificats
L'auteur montre ce que ces dispositions entraînent, seules, ou combinées. Et ce n'est pas triste. Il montre ainsi le processus qui a conduit à l'introduction de papiers-monnaies "au prix d'atteintes progressives à la propriété privée et au prix de ruptures massives de contrat perpétrées par les banques centrales".
Si le montant de crédit privé accordé "est toujours limité par des actifs présents et les espérances de revenus",il n'en est pas de même du crédit public qui est illimité, d'autant que les banques centrales, qui sont les obligées des gouvernements, ont le pouvoir de créer "ex-nihilo n'importe quelle quantité de monnaie sans limitation technique ou économique." Il en résulte que les dettes publiques explosent. Au cours des 40 dernières années, par exemple, la dette publique américaine a été multipliée par 30,6 tandis que la masse monétaire de base n'augmentait "que" d'un facteur 7,6.
L'inflation décrétée entraîne la croissance des Etats. Elle favorise le prolongement de la durée des guerres. Elle permet de spolier les citoyens. Elle réduit le nombre des véritables entrepreneurs opérant avec leur propre argent. Elle détruit ou empêche l'épargne. Elle conduit à l'endettement non seulement public mais privé, en conséquence à la servitude. Est-ce bien éthique ?
L'évolution des systèmes monétaires internationaux au cours des deux trois derniers siècles, voire davantage, est à mesurer à l'aune de celle de l'inflation décrétée par les gouvernements et leurs complices banquiers, qui en sont les premiers profiteurs, favorisée par les réserves fractionnaires des banques et les papiers-monnaies. L'auteur nous en retrace l'histoire en fin d'ouvrage.
Je ne résiste pas au passage à citer ce que Hülsmann dit du FMI et de la Banque Mondiale que j'évoquais dans un article récent de ce blog [La dernière motion d'Oskar Freysinger: sortir la Suisse du FMI ] :
"Ces deux institutions, de nos jours, ne sont en réalité que de grosses machines servant simplement à redistribuer une partie des revenus des contribuables des pays développés pour le compte des gouvernements irresponsables des pays sous-développés."
Jörg Guido Hülsmann termine toutefois sur une note d'espoir. Cette évolution n'est pas irréversible. Il rappelle que la Chine, après avoir connu cinq siècles d'hyperinflation répétée, de l'an 960 à 1455, en raison de ses expériences de banques à réserves fractionnaires et de papier-monnaie, a su retrouver une solidité financière "lorsque le pouvoir politique cessa d'interdire la circulation des pièces d'argent et de cuivre". Il rappelle que "les pères fondateurs de la Constitution des Etats-Unis, dans un geste glorieux, privèrent de base légale la pratique centenaire du papier-monnaie colonial". Enfin il prend l'exemple du président américain Andrew Jackson :
"qui, s'opposant à la résistance effrénée des cercles de la banque et de la finance arc-boutés sur leurs droits acquis, retira tous les privilèges légaux attribués à toutes les banques à réserves fractionnaires et réduisit la dette publique à un montant que n'importe quel citoyen riche eût été en mesure de rembourser."
[...] La signature de ce pacte, exigé par l'Allemagne en échange de sa solidarité financière avec ses partenaires de la zone euro, a constitué le principal temps fort économique d'un sommet de l'UE à Bruxelles que le président français Nicolas Sarkozy a salué comme "le premier depuis 2011 qui ne soit pas un sommet de crise".
"Nous sommes en train de tourner la page de la crise financière", a clamé M. Sarkozy. [...] Oui, mais nous, c'est la crise économique qui nous pose problème...
Il est vrai que l'une découle de l'autre, mais malheureusement, nous ne sommes pas optimistes, quant aux stratégies qu'ils vont déployer pour nous sortir de ce bourbier. A vrai dire nous n'avons aucune visibilité de leurs projets.
Il y a 2 ans , on nous disait déjà que la crise était dernière nous!!!
A mon avis, nous avons dû nous retourner, car nous la voyons toujours devant nous....
_________________ Crux sacra sit mihi lux
José Animateur
Nombre de messages: 3834 Date d'inscription: 09/10/2009 Age: 54 Localisation: MONTREUIL
Sujet: Re: crise financiere Mer 14 Mar - 11:01
Le litre de sans plomb 95 dépasse les deux euros à Paris
La prophétie du patron de Total, qui voyait l'année dernière l'arrivée proche du litre d'essence à deux euros, s'est réalisée. Pour la première fois, le sans plomb 95 s'est affiché à 2,02 euros dans la capitale.
Comme l'avait annoncé le patron de Total, Christophe de Margerie, l'essence coûte désormais plus de deux euros. D'après le site carbeo.com, le sans plomb 95 coûte 2,02 euros dans la station-service rue Saint-Antoine dans le 4e arrondissement de Paris. C'est la première fois que ce seuil symbolique est franchi.
Au niveau national, les prix de l'essence sans plomb ont atteint de nouveaux sommets la semaine dernière, à 1,6211 euro en moyenne pour le litre de sans plomb 95 et à 1,6610 pour celui de sans plomb 98, selon les données publiées lundi par le ministère du Développement durable.
Depuis la fin 2011, les prix de l'essence battent record sur record en France, propulsés par un double effet: des tensions géopolitiques (Iran, Nigeria...) qui maintiennent les cours du pétrole brut à des niveaux très élevés, et l'affaiblissement de l'euro par rapport au dollar, qui amplifie le coût de l'or noir une fois sa valeur convertie dans la monnaie unique.
Une question politique Les dirigeants politiques se sont emparés de la questiion. Le président Nicolas Sarkozy, candidat à sa propre succession, avait qualifié fin février de «plaisanterie» un blocage des prix du pétrole, une proposition avancée par le candidat socialiste François Hollande, soulignant que les prix sont déterminés par «un marché mondial à l'extérieur».
Les ventes de super sans plomb 95 représentent un peu moins de 15% de la consommation française de carburants automobiles et le super sans plomb 98 autour de 5%.
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Jeu 15 Mar - 14:26
une bombe explose dans la Finance internationale....
esperons qu'il y en aura encore beaucoup d'autres !!!
Pourquoi je quitte Goldman Sachs
Un directeur général de la célèbre banque d'affaires américaine claque bruyamment la porte. Dans cette tribune virulente, il dénonce le fonctionnement “toxique et destructeur" d'un établissement qui ne pense qu'à plumer ses clients.
14.03.2012 | Greg Smith | The New York Times
"Aujourd'hui, c'est mon dernier jour chez Goldman Sachs. Après douze ans passés dans la société - d'abord comme stagiaire alors que j'étudiais à Stanford, puis à New York pendant dix ans, et maintenant à Londres -, je crois y avoir travaillé assez longtemps pour comprendre l'évolution de sa culture, de son personnel et de son identité. Et je peux dire en toute honnêteté que l'environnement y est désormais plus toxique et destructeur que jamais.
Pour décrire le problème en termes simples, les intérêts du client continuent de passer au second plan dans la façon qu'a la société de fonctionner et de calculer comment gagner de l'argent.
Goldman Sachs est l'une des plus grandes et des plus puissantes banques d'investissements de la planète, et elle est beaucoup trop intégrée à la finance planétaire pour continuer à agir de la sorte. Elle a tellement dévié, par rapport à ce qu'elle était quand j'y suis entré, que je ne peux plus, en mon âme et conscience, m'identifier à ce qu'elle incarne.
Le public, sceptique, en sera peut-être étonné, mais la culture était un élément essentiel du succès de Goldman Sachs. Cette culture était affaire de travail d'équipe, d'intégrité, d'humilité, de service apporté au client. Elle était le mortier invisible qui garantissait la cohésion de cette formidable entreprise, qui nous avait permis de nous assurer la confiance de nos clients pendant 143 ans. Il n'était pas seulement question de gagner de l'argent : une société qui n'a que cela en tête ne tient pas longtemps. La fierté et la foi dans l'entreprise jouaient aussi un rôle. J'ai le regret de dire que quand je regarde aujourd'hui autour de moi, je ne vois pratiquement aucune trace de cette culture qui a fait que j'ai tant aimé travailler ici pendant des années. Je ne ressens plus cette fierté, ni cette foi.
Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Pendant plus de dix ans, j'ai recruté et supervisé des candidats au fil de notre redoutable processus de sélection. J'ai été choisi pour faire partie des dix personnes (sur les quelque 30 000 que compte l'entreprise) qui apparaissent dans notre vidéo de recrutement, laquelle est diffusée sur tous les campus universitaires où nous nous rendons de par le monde. J'ai su qu'il était temps de partir quand je me suis aperçu que je ne pouvais plus regarder les étudiants dans les yeux pour leur dire à quel point il était merveilleux de travailler ici.
Au fil de ma carrière, j'ai eu le privilège de conseiller deux des plus importants fonds spéculatifs de la planète, cinq des plus grands gestionnaires d'actifs aux Etats-Unis et trois des plus éminents fonds souverains au Moyen-Orient et en Asie. Je mettais toujours un point d'honneur à conseiller à mes clients de faire ce qui était selon moi bon pour eux, même si cela impliquait que la société gagnerait moins d'argent. Une façon de voir les choses de moins en moins populaire chez Goldman Sachs.
Comment en sommes-nous arrivés là ? C'est le leadership que la société ne considère plus sous le même angle. Autrefois, le leadership était une affaire d'idées, il importait de donner l'exemple et de faire ce qu'il fallait. Aujourd'hui, si vous rapportez assez à l'entreprise (et n'êtes pas un tueur psychopathe), vous serez promu à un poste influent.
Quels sont les trois moyens les plus rapides de s'imposer en tant que leader ?
a) Rentabiliser les "intérêts" de la société, autrement dit convaincre ses clients d'investir dans les actions et autres produits dont nous nous efforçons de nous débarrasser parce qu'ils n'ont qu'un faible potentiel de rendement.
b) Partir à la "Chasse à l'éléphant" : pousser ses clients - dont certains ne sont pas naïfs, d'autres si - à acheter ce qui sera le plus profitable pour Goldman. Vous allez peut-être me trouver démodé, mais je n'aime pas vendre à mes clients un produit qui n'est pas bon pour eux.
c) Se retrouver à un poste où l'on a pour mission de négocier des produits opaques affublés d'acronymes à trois lettres.
J'espère que cela pourra ouvrir les yeux des membres du conseil d'administration. Replacez le client au centre de vos préoccupations. Sans clients, vous ne gagnerez pas d'argent. En fait, vous n'existerez tout simplement pas.
Ecartez les gens moralement corrompus, peu importe combien ils rapportent à l'entreprise.
Et renouez avec votre culture, de sorte que l'on ait ait envie de travailler chez vous pour les bonnes raisons.
Ceux qui ne pensent qu'à se remplir les poches n'enrichiront pas la société pendant encore très longtemps.
Note :L'auteur a démissionné le 14 mars de ses fonctions de directeur exécutif de Goldman Sachs, responsable du département des produits dérivés pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Jeu 15 Mar - 22:30
L'Europe n'a pas les moyens d'une nouvelle crise, dit Sarkozy
RMC.fr | 13/03/2012
Lors d'un colloque organisé mardi par l'Association française des entreprises privées (AFEP) et Le Monde, Nicolas Sarkozy a estimé que l'Europe n'avait plus les moyens de se "payer une nouvelle crise" financière et a reproché de nouveau au candidat social
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a estimé mardi que l'Europe n'avait plus les moyens de se "payer une nouvelle crise" financière et a reproché de nouveau au candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, de vouloir renégocier le traité instituant un nouveau pacte budgétaire européen s'il est élu.
"S'il se produisait dans les mois qui viennent une nouvelle crise, je ne pense pas qu'on pourrait y résister dans les mêmes conditions", a déclaré le président français, candidat à un second mandat, lors d'un colloque organisé par l'Association française des entreprises privées (AFEP) et Le Monde.
"D'abord parce que nous n'avons plus les moyens de mettre ce que nous avons déjà mis, deuxièmement parce que les peuples européens sont à bout", a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a avoué qu'il avait cru un moment que l'euro pouvait imploser et qu'il avait partagé cette crainte avec la chancelière allemande, Angela Merkel.
"On n'arrivait même pas à comprendre ce qu'il se passait. On mettait trois ou quatre jours pour analyser les informations que l'on recevait et on a essayé de tenir", a-t-il raconté à un parterre d'hommes d'affaires et patrons d'entreprise.
"Je constate qu'on a tenu", a-t-il ajouté. "Je n'ai pas été élu pour régler les problèmes en Grèce, en Italie ou en Espagne et pourtant nous avons dû aller très loin dans cette démarche."
Il a estimé que si la crise économique était encore là, la crise financière était passée.
"Je crois profondément à l'Europe mais je pense que nous ne pourrons pas assumer financièrement, économiquement, socialement, politiquement une nouvelle crise de cette nature", a insisté Nicolas Sarkozy.
Il a jugé "fou", dans ces conditions, de vouloir renégocier le traité signé début mars par 25 des 27 pays de l'Union européenne et a récusé la comparaison avec les accords de Schengen sur la circulation des personnes, dont il demande la révision pour renforcer la lutte contre l'immigration illégale.
"Je ne suis pas contre la renégociation des traités", a-t-il expliqué en réponse aux critiques de François Hollande et de ses partisans. "Je suis contre la renégociation des bons traités et pour la renégociation des traités qui ne marchent pas."
"Comment peut-on mettre sur le même plan le traité créant le fonds monétaire européen qui a sauvé la Grèce et qui a permis de surmonter la crise financière et Schengen, qui a été décidé en 1985 et appliqué en 1995 ? Ça n'a aucun sens", a-t-il ajouté.
Concernant la France, Nicolas Sarkozy a promis de tenir, s'il est réélu, son engagement de ramener les déficits publics français à 3% du PIB en 2013 et 0% en 2016.
Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet
Citation:
Il a estimé que si la crise économique était encore là, la crise financière était passée.
bla bla bla.....
qui peut encore croire ses discours ????
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Ven 16 Mar - 12:07
La terre tremble sous le marché obligataire US
Publié le 16 mars 2012
Depuis plusieurs mois, les taux longs Américains (sur les obligations à 10 ans) oscillaient entre 1.75 % et 2 % En quelques jours, ils viennent de monter très fortement, pour se retrouver nettement au dessus de 2.10 %. Derrière ce mouvement très significatif la perception par les gérants de fonds que l’économie Américaine était à nouveau en pleine croissance, non pas bien sur à cause de la politique de monsieur Obama, mais en dépit de cette même politique bloquée depuis plusieurs mois par une majorité d’élus Républicains empêchant toute nouvelle dépense Etatique (depuis un an les dépenses nominales de l’Etat US sont en baisse pour la première fois depuis 1946…).
Il est donc probable que si le socialisme et son avatar, le Keynésianisme reculent aux USA, la croissance du secteur privé va s’accélérer, comme cela se produit à chaque fois. Or s’il y a une règle qui ne se dément pas c’est celle qui lie la croissance nominale à long terme dans un pays avec les taux longs sur les obligations d’Etat.
Si la croissance sur les 10 dernières années a été de 4 % , le taux longs en général seront aux alentours de 4 %.
La croissance nominale aux USA sur les 10 dernières années a été de 3.5 % et les taux longs depuis des mois avoisinaient les 1.7 %, ce qui veut dire que le marché obligataire était grotesquement surévalué.
Deux explications peuvent être apportées à cette surévaluation:
1. La crainte que le monde n’entre en déflation/dépression
2. Les manipulations auxquelles la banque centrale Américaine se livrait
Si ces deux facteurs venaient a disparaitre, il y a fort a parier que les taux longs US n’aillent bien au dessus de 3 %.
Nous entrons donc dans un « bear market » d’anthologie sur le marché obligataire US , ce qui va amener nombre de commentateurs a annoncer une baisse du marché des actions (hausse des taux = baisse des marches”, ce qui est faux. Il y a eu 7 grandes hausses des taux depuis 1982 aux USA, deux fois le marché des actions n’ a rien fait, cinq fois, il est monté très fortement , et ceci pour une raison toute simple : la hausse des taux anticipait non pas une hausse d’inflation, mais une hausse de l ‘activité économique , par définition favorable aux actions
Donc les taux ont commence à monter fortement aux USA et c’est une très, très bonne nouvelle. Enfin ! ai-je envie de dire…
Je maintiens donc ma recommandation de sur représenter actions US et dollar dans les portefeuilles. Depuis trois ans, les actions US ont surperformé les actions françaises de plus de 50 % et ceci devrait continuer.
Par contre, je ne suis pas sur que cela soit une bonne nouvelle pour notre pays. Pour des raisons parfaitement compréhensibles, les taux longs français sont complètement corrélés aux taux américains.
Les taux longs en France vont donc monter, et très sensiblement, ce qui va rendre notre déficit budgétaire quasiment ingérable.
Je plains le pauvre élu à la prochaine élection en France et qui va se retrouver dans le rôle de Papandreou en Grèce ou Zapatero en Espagne.
Je maintiens donc que dans notre pays, il ne faut avoir que des actions exportatrices qui seront les moins touchées par le drame budgétaires français qui s’annonce. Apres tout, un portefeuille composé de valeurs exportatrices françaises avec une grosse surpondération américaine a très bien fait depuis trois ans.
Je ne vois aucune raison, aucune, pour que cela change.
Ce portefeuille a été celui que je recommande depuis trois ans et sa performance a été plus qu’honorable.
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
José Animateur
Nombre de messages: 3834 Date d'inscription: 09/10/2009 Age: 54 Localisation: MONTREUIL
Sujet: Re: crise financiere Ven 16 Mar - 12:19
Citation:
Concernant la France, Nicolas Sarkozy a promis de tenir, s'il est réélu, son engagement de ramener les déficits publics français à 3% du PIB en 2013 et 0% en 2016.
Avec 1 700 milliards € de dette, il serait temps de réagir !!!!!
Citation:
Il a estimé que si la crise économique était encore là, la crise financière était passée.
La crise financière n'est pas passée, car elle conjugue: spéculation et consommation. Comme les gars qui boursicotent sont devenus addictes, et que rien n'est fait pour relancer la consommation, la bourse continuera à faire du yo-yo, le système doutera et le statut quo demeurera.
Ce n'est pas en réduisant les dépenses de l'état et en augmentant le coût de la vie qu'il va relancer la consommation [Les loyers sont dispendieux, la nourriture s'envole, les prix des carburants augmentent principalement pour des raisons de spéculations]
Le travail au noir va bientôt reprendre de l'essor si la situation continue à se détériorer.
_________________ Crux sacra sit mihi lux
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Sam 17 Mar - 23:07
Le ras-le-bol d'un banquier cloue à nouveau Goldman et Wall Street au pilori 17/03/2012
L'été dernier, le mouvement Occupy Wall Street, qui dénonce le pouvoir de l'argent sur la politique et les inégalités croissantes, se focalisait sur les banques et leur prise de risque. Spencer Platt/ AFP
Scandale Goldman Sachs est critiquée pour avoir aidé la Grèce à abaisser à court terme le niveau de son endettement en le reportant sur plusieurs années.
Le très médiatique ras-le-bol exprimé par l'ex-banquier de Goldman Sachs Greg Smith dans le New York Times cette semaine cloue une nouvelle fois au pilori la banque d'affaires et plus généralement la culture de Wall Street.
Certes, l'image sulfureuse de banquiers d'affaires avides d'argent et peu scrupuleux n'est pas nouvelle, depuis l'époque des raids boursiers des années 80 et le personnage de Gordon Gekko incarné par Michael Douglas dans le film "Wall Street".
Mais le secteur est à nouveau particulièrement critiqué depuis la crise financière de 2008. Le niveau élevé de ses salaires au moment où le chômage frôlait les 10% aux Etats-Unis a fait scandale, alors que les grands noms du secteur ont bénéficié d'une recapitalisation sur deniers publics.
L'été dernier, le mouvement Occupy Wall Street, qui dénonce le pouvoir de l'argent sur la politique et les inégalités croissantes, se focalisait sur les banques et leur prise de risque.
Pour Jim Sinegal, analyste du cabinet de recherche Morningstar, c'est le "plan de soutien gouvernemental qui a rendu les gens furieux. Si les employés de General Motors (également aidé par le gouvernement pour éviter une faillite, NDLR) gagnaient un demi-million de dollars par an, les gens seraient en colère également".
L'environnement hautement politisé d'une année électorale offre en outre un terreau favorable à de telles polémiques.
Plus qu'aucune autre banque, Goldman Sachs est à chaque fois particulièrement critiquée. Jim Sinegal juge que c'est parce qu'elle "a continué à gagner de l'argent malgré le mauvais état de l'économie. Elle continue à briller".
C'est aussi parce qu'une réputation d'arrogance s'est dessinée à force de déclarations et de courriels internes ayant fuité.
Fin 2009, le PDG Lloyd Blankfein lançait comme une boutade à un journaliste du Sunday Times qu'il n'était "qu'un banquier qui fait le travail de Dieu".
En 2010, alors que la banque était poursuivie par l'autorité américaine des marchés pour avoir trompé des investisseurs en leur vendant des dérivés adossés à des crédits hypothécaires à risque, les courriels de dirigeants étaient révélés, qualifiant les produits en cause de "contrats de m...".
Un courtier personnellement mis en cause, Fabrice Tourre, ironisait sur les "pauvres petits emprunteurs peu solvables" qui ne "vont pas faire de vieux os".
Dans sa tribune incendiaire de mercredi, le démissionnaire Greg Smith accuse quant à lui des dirigeants de Goldman Sachs de qualifier leurs clients de "pantins".
La banque est aussi critiquée pour avoir aidé la Grèce à abaisser à court terme le niveau de son endettement en le reportant sur plusieurs années, dissimulant ainsi la mauvaise santé des finances du pays aujourd'hui au bord de la faillite, même si ces contrats étaient légaux et utilisés par d'autres.
Récemment, Goldman a aussi été montrée du doigt par un juge aux Etats-Unis dénonçant des conflits d'intérêt "dérangeants" dans le cadre du rachat d'une société de transport énergétique, El Paso, par sa concurrente Kinder Morgan.
Goldman, conseil d'El Paso, possédait une part de 19% dans Kinder Morgan et l'un de ses banquiers détenait personnellement pour 340.000 dollars d'actions du même groupe.
Selon le Wall Street Journal de vendredi, la banque a engagé une réflexion pour renforcer ses règles de transparence existantes sur les conflits d'intérêt.
Jim Sinegal remarque qu'il y a peu de chances que "les firmes de Wall Street perdent des clients" à cause de la tribune de Greg Smith. Les investisseurs avertis "savent généralement à qui ils ont affaire".
Son collègue Maclovio Pina note cependant que le risque est que cette accumulation "entame la confiance des clients, sur laquelle reposent les affaires des banques".
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Lun 19 Mar - 15:29
Publication du numéro 250 de LIESI et BREVES – 15 Mars 2012
SOMMAIRE DU NUMERO 250 DE LIESI
15 Mars 2012 2007, 2011 et 2012 : l’effet domino d’une crise mondiale – 2007 : crise immobilière aux Etats-Unis – 2011 : début de crise en Europe – 2012 : début de crise chez les émergents – Le contexte européen des élections présidentielles françaises – Ces puissants banquiers qui fomentent les révolutions – L’Union européenne est LA nouvelle URSS – Les clubs de pouvoir gravitant autour de François Hollande.
Pour commander ce numéro ou s’abonner. (Cliquer)
(article payant.. je comprends bien que ces sites doivent rentrer dans leurs frais. mais je ne peux tout acheter..)
Extraits
Les élections présidentielles françaises vont confirmer la fin du libéralisme et concrétiser la naissance d’un nouveau système que LIESI a appelé « ROUGE ».
Aujourd’hui, la fin du libéralisme n’est absolument pas perçue par l’écrasante majorité de nos contemporains.
Pourtant, la façon dont l’argent est maintenant créé, n’est plus du tout représentatif d’un système libéral.
La BCE, un organisme supra-étatique, distribue de l’argent aux banques, qui le prêtent ensuite aux Etats. Eux-mêmes prélèvent des impôts à leurs populations dont une partie conséquente est redonnée aux banques privées pour payer les intérêts de la dette souveraine !
Ce vol des populations ne peut se réaliser que par une complicité entre les politiques et les banquiers. Voilà pourquoi les politiques justifient les mesures d’austérité comme démocratiques. C’est un véritable complot des élites.
L’Europe, qui fut présentée comme une association de démocraties, se révèlent au grand jour être un système mafieux de racket des populations pour entretenir le système d’usure au profit des patrons officieux de la BCE. Cette BCE qui est dirigée, rappelons-le, par un ancien employé de Goldman Sachs, directement impliquée dans le krach de 1929 ; plus récemment, dans l’affaire des subprimes et de la Grèce. […]
Vladimir Boukovski, ancien dissident soviétique, a passé douze années de sa vie en prison, au camp Perm-36. Victime d’un internement psychiatrique, il fut l’un des premiers dissidents (échangés contre un chilien en 1976) à dénoncer cette pratique en URSS.
Et que nous dit-il de l’Union européenne ? – « J’ai vécu votre avenir ! »
http://liesidotorg.wordpress.com/2012/03/16/7260/
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Lun 19 Mar - 15:39
je vais essayer de contourner mon probleme...
Voici plusieurs années que Vladimir Bukovsky, ancien dissident soviétique, dénonce la façon dont l'Union Européenne se construit en la comparant à une nouvelle "Union Soviétique".
Il avait prononcé un discours à Bruxelles en février 2006 dont nous avions publié l'essentiel ici
Lundi 20 Mars 2006
Un ancien dissident soviétique met en garde contre une dictature de l’Union Européenne
Vladimir Bukovsky, l’ancien dissident soviétique âgé de 63 ans, craint que l’Union Européenne ne soit en train de devenir une autre Union Soviétique. Dans un discours prononcé à Bruxelles en février, Mr. Bukovsky a qualifié l’UE de « monstre » qui doit être détruit le plus tôt possible, avant qu’il ne se transforme en un Etat totalitaire en pleine puissance.
Mr. Bukovsky a rendu visite au Parlement Européen il ya quelques mois sur l'invitation du FIDESZ, le Forum civique hongrois. Le FIDESZ, membre du groupe chrétien-démocrate européen, avait invité l'ancien dissident soviétique, vivant en Angleterre, à l'occasion du 50e anniversaire de la révolte hongroise de 1956. Après sa rencontre du matin avec les Hongrois, Mr. Bukovsky a fait un discours l'après-midi dans un restaurant polonais de la Trier Straat, en face du Parlement Européen, où il a parlé sur l'invitation du Parti de l'Indépendance du Royaume-Uni (UKIP), dont il est le parrain.
Vladimir Bukovsky annonce une imminente "UERSS"
Dans son discours, Mr. Bukovsky fit référence à des documents confidentiels venant des dossiers soviétiques qu'il fut autorisé à lire en 1992. Ces documents confirment l'existence d'une « conspiration » pour transformer l'Union Européenne en une organisation socialiste. J'ai assisté à la rencontre et tapé le discours. Une transcription, ainsi que le fragment audio (environ 15 minutes), peut être trouvé plus bas. J'ai eu aussi une brève interview avec Mr. Bukovsky (4 minutes), dont une transcription et un fragment audio peuvent aussi être trouvés ci-dessous. L'interview sur l'Union Européenne a dû être abrégée parce que Mr. Bukovsky avait d'autres engagements, mais elle m'a rappelé quelques souvenirs, quand j'avais interviewé Vladimir Bukovsky vingt ans auparavant, en 1986, alors que l'Union Soviétique, le premier monstre qu'il avait si vaillamment combattu, était encore vivant et florissant.
Mr. Bukovsky fut l'un des héros du XXe siècle. Encore jeune homme, il dénonça l'utilisation de l'emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques dans l'ancienne URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques, 1917-1991) et passa au total douze ans (1964-1976), depuis l'âge de 22 ans jusqu'à 34 ans, dans les prisons, les camps de travail et les institutions psychiatriques soviétiques. En 1976, les Soviétiques l'expulsèrent en Occident. En 1992, il fut invité par le gouvernement russe pour servir d'expert témoignant au procès conduit pour déterminer si le Parti Communiste Soviétique avait été une institution criminelle. Pour préparer son témoignage, Mr. Bukovsky obtint l'accès à un grand nombre de documents des archives secrètes soviétiques. Il est l'une des rares personnes à avoir vu ces documents, puisqu'ils sont encore classifiés. En utilisant un petit scanner portable et un ordinateur portable, cependant, il réussit à copier beaucoup de documents (certains avec une mention de haute sécurité), y compris des rapports du KGB au gouvernement soviétique.
Une interview avec Vladimir Bukovsky (écouter)
[i]Paul Belien : Vous avez été un célèbre dissident soviétique, et maintenant vous tracez un parallèle entre l'Union Européenne et l'Union Soviétique. Pouvez-vous expliquer cela ?
Vladimir Bukovsky : Je fais référence aux structures, à certaines idéologies qui sont inculquées, aux plans, à la direction, à l'inévitable expansion, à l'effacement des nations, ce qui était le but de l'Union Soviétique. La plupart des gens ne comprennent pas cela. Ils ne le savent pas, mais nous le savons parce que nous avons été élevés en Union Soviétique où nous devions étudier l'idéologie soviétique à l'école et à l'université. Le but ultime de l'Union Soviétique était de créer une nouvelle entité historique, le peuple soviétique, sur tout le globe. La même chose est vraie dans l'UE aujourd'hui. Ils tentent de créer un nouveau peuple. Ils appellent ce peuple les « Européens », quoi que cela signifie. D'après la doctrine communiste ainsi que de nombreuses formes de pensée socialiste, l'Etat, l'Etat national, est supposé disparaître. En Russie, cependant, c'est le contraire qui arriva. Au lieu de disparaître, l'Etat soviétique devint un Etat très puissant, mais les nationalités furent effacées. Mais quand vint le temps de l'effondrement soviétique, ces sentiments réprimés d'identité nationale revinrent en force et ils détruisirent presque le pays. C'était si effrayant.
PB : Pensez-vous que la même chose puisse arriver quand l'Union Européenne s'effondrera ?
VB : Absolument, vous pouvez presser un ressort seulement jusqu'à un certain point, et la psyché humaine est très résistante, vous savez. Vous pouvez la presser, vous pouvez la presser, mais n'oubliez pas qu'elle accumule toujours de la force pour rebondir. Elle est comme un ressort et elle revient toujours en force.
PB : Mais tous ces pays qui ont rejoint l'UE l'ont fait volontairement.
VB : Non, ils ne l'ont pas fait. Regardez le Danemark qui a voté contre le traité de Maastricht deux fois. Regardez l'Irlande [qui a voté contre le traité de Nice]. Regardez beaucoup d'autres pays, ils sont sous une énorme pression. C'est presque du chantage. La Suisse a été forcée de voter cinq fois dans un référendum. Les cinq fois ils l'ont rejeté, mais qui sait ce qui arrivera la sixième fois, la septième fois. C'est toujours la même chose. C'est un truc pour les idiots. Les gens doivent voter dans des référendums jusqu'à ce que les gens votent de la manière souhaitée. Ensuite ils doivent s'arrêter de voter. Pourquoi s'arrêter ? Continuons à voter. L'UE est ce que les Américains appelleraient un mariage forcé.
PB : Que pensez-vous que les jeunes devraient faire concernant l'UE ? Sur quoi doivent-ils insister, démocratiser l'institution ou simplement l'abolir ?
VB : Je pense que l'UE, comme l'Union Soviétique, ne peut pas être démocratisée. Gorbatchev a tenté de la démocratiser et elle a éclaté. Ce genre de structure ne peut jamais être démocratisé.
PB : Mais nous avons un Parlement Européen qui est choisi par le peuple.
VB : Le Parlement Européen est élu sur la base de la représentation proportionnelle, ce qui n'est pas une vraie représentation. Et sur quoi vote-t-on ? Le pourcentage de graisse dans les yoghourts, ce genre de chose. C'est ridicule. On lui donne la tâche du Soviet Suprême. Le parlementaire moyen peut parler six minutes par an à la Chambre. Ce n'est pas un vrai parlement.
Transcription du discours de Mr. Bukovsky à Bruxelles (écouter)
En 1992, j'ai eu un accès sans précédent aux documents secrets du Politburo et du Comité Central qui avaient été classifiés, et qui le sont encore maintenant, pour 30 ans. Ces documents montrent très clairement que toute l'idée de transformer le marché commun européen en Etat fédéral fut acceptée par les partis de gauche européens et par Moscou comme un projet conjoint que Gorbatchev appela en 1988-89 notre « maison commune européenne ».
L'idée était très simple. Elle apparut pour la première fois en 1985-86, quand les communistes italiens rendirent visite à Gorbatchev, suivis par les sociaux-démocrates allemands. Ils se plaignaient tous que les changements dans le monde, particulièrement après que Mme Thatcher ait introduit la privatisation et la libéralisation économique, menaçaient de balayer toutes les réalisations (comme ils les appelaient) de générations de socialistes et de sociaux-démocrates – menaçant de les inverser complètement. Par conséquent la seule manière de résister à cette agression du capitalisme sauvage (comme ils l'appelaient) était de tenter d'introduire les mêmes buts socialistes dans tous les pays immédiatement.
Avant cela, les partis de gauche et l'Union Soviétique s'étaient opposés à l'intégration européenne surtout parce qu'ils la percevaient comme un moyen de bloquer leurs buts socialistes.
A partir de 1985, ils changèrent complètement de vision. Les Soviétiques parvinrent à la conclusion et à un accord avec les partis de gauche, que s'ils travaillaient ensemble ils pouvaient détourner tout le projet européen et l'inverser complètement. Au lieu d'un marché ouvert, ils le transformeraient en un Etat fédéral.
D'après les documents [soviétiques], 1985-86 est le moment-clé. J'ai publié la plupart de ces documents. Vous pouvez même les trouver sur internet. Mais les conversations qu'ils ont eues sont vraiment révélatrices. Pour la première fois vous comprenez qu'il y a eu une conspiration – très compréhensible pour eux, puisqu'ils tentaient de sauver leurs peaux politiques. A l'Est, les Soviétiques avaient besoin d'un changement de relations avec l'Europe parce qu'ils entraient dans une crise structurelle prolongée et très profonde ; à l'Ouest, les partis de gauche craignaient d'être balayés et de perdre leur influence et leur prestige. Donc c'était une conspiration, faite par eux, négociée et élaborée tout à fait ouvertement.
En janvier 1989, par exemple, une délégation de la Commission Trilatérale vint voir Gorbatchev. Elle comprenait Nakasone, Giscard d'Estaing, [David] Rockefeller et Kissinger. Ils eurent une très jolie conversation où ils tentèrent d'expliquer à Gorbatchev que la Russie Soviétique devait s'intégrer dans les institutions financières du monde, comme le Gatt, le FMI et la Banque Mondiale. Au milieu de la conversation, Giscard d'Estaing entre soudain en piste et dit : « Mr. le Président, je ne peux pas vous dire exactement quand cela arrivera – probablement dans 15 ans – mais l'Europe va devenir un Etat fédéral et vous devez vous y préparer. Vous devez élaborer avec nous, et avec les dirigeants européens, la manière dont vous réagiriez à cela, comment vous permettriez aux autres pays d'Europe de l'Est d'interagir avec lui ou comment en faire partie, vous devez être prêt ».
C'était en janvier 1989, à un moment où le traité de Maastricht [1992] n'avait même pas été esquissé. Comment diable Giscard d'Estaing savait-il ce qui allait se passer dans 15 ans ? Et surprise, surprise, comment devint-il l'auteur de la constitution européenne [en 2002-03] ? Très bonne question. Ça sent la conspiration, n'est-ce pas ?
Heureusement pour nous, la partie soviétique de cette conspiration s'effondra avant et elle n'atteignit pas le point où Moscou aurait pu influencer le cours des événements. Mais l'idée originelle était d'avoir ce qu'ils appelaient une convergence, par laquelle l'Union Soviétique s'adoucirait quelque peu et deviendrait plus sociale-démocrate, pendant que l'Europe occidentale deviendrait sociale-démocrate et socialiste. Ensuite il y aurait eu une convergence. Les structures devaient s'adapter l'une à l'autre. C'est pourquoi les structures de l'Union Européenne furent initialement bâties dans le but de s'adapter à la structure soviétique. C'est pourquoi elles sont aussi similaires dans leur fonctionnement et dans leur structure.
Ce n'est pas un hasard si le Parlement Européen, par exemple, me rappelle le Soviet Suprême. Il ressemble au Soviet Suprême parce qu'il a été conçu comme lui. De même, quand vous regardez la Commission Européenne, elle ressemble au Politburo. Je veux dire qu'elle lui ressemble exactement, sauf pour le fait que la Commission a maintenant 25 membres et que le Politburo avait habituellement 13 ou 15 membres. A part ça, ils sont exactement les mêmes, ne rendant de compte à personne, sans être directement élus par personne.
Quand vous regardez toute cette activité bizarre de l'UE avec ses 80.000 pages de règlements, ça ressemble au Gosplan. Nous avions une organisation qui planifiait tout dans l'économie, dans les moindres détails, cinq ans à l'avance. C'est exactement la même chose qui se passe dans l'UE. Quand vous regardez le type de corruption de l'UE, c'est exactement le type soviétique de corruption, allant de haut en bas, plutôt que de bas en haut.
Si vous parcourez toutes les structures et tous les traits de ce monstre européen émergeant, vous remarquerez qu'il ressemble de plus en plus à l'Union Soviétique. Bien sûr, c'est une version plus douce de l'Union Soviétique. S'il vous plaît, ne vous méprenez pas. Je ne dis pas qu'il a un Goulag. Il n'a pas de KGB – pas encore – mais je surveille très attentivement des structures comme l'Europol par exemple. Cela m'effraye réellement parce que cette organisation aura probablement des pouvoirs plus grands que ceux du KGB. Ils auront l'immunité diplomatique. Pouvez-vous imaginer un KGB avec l'immunité diplomatique ? Ils devront nous contrôler pour 32 sortes de crimes – dont deux sont particulièrement effrayants, l'un est appelé racisme, l'autre xénophobie. Aucune cour criminelle sur terre ne définit une telle chose comme un crime [ce n'est pas entièrement vrai, puisque la Belgique le fait déjà – PB].
Donc c'est un nouveau crime, et nous avons déjà été avertis. Un membre du gouvernement britannique nous a dit que ceux qui s'opposent à l'immigration incontrôlée du tiers-monde seront considérés comme racistes et que ceux qui s'opposent à la poursuite de l'intégration européenne seront considérés comme xénophobes. Je crois que Patricia Hewitt a dit cela publiquement.
Donc, nous avons maintenant été avertis. Pendant ce temps, ils introduisent de plus en plus d'idéologie. L'Union Soviétique était un Etat dirigé par l'idéologie. L'idéologie d'aujourd'hui de l'Union Européenne est sociale-démocrate, étatiste, et en grande partie politiquement correcte. Je surveille très attentivement la manière dont le politiquement correct se répand et devient une idéologie oppressive, sans parler du fait qu'ils interdisent de fumer presque partout maintenant. Regardez la persécution de gens comme le pasteur suédois qui a été persécuté pendant plusieurs mois parce qu'il a estimé que la Bible n'approuve pas l'homosexualité. La France a voté la même loi de crime d'injures [hate crime] concernant les gays.
La Grande-Bretagne est en train de voter des lois de crime d'injures concernant les relations raciales et maintenant le discours religieux, et ainsi de suite. Ce que vous observez, mis en perspective, est une introduction systématique d'idéologie qui pourrait être renforcée plus tard par des mesures oppressives. Apparemment c'est tout le but de l'Europol. Autrement pourquoi en aurions-nous besoin ? L'Europol me paraît très suspect. Je surveille très attentivement qui est persécuté, pour quelle raison, et ce qui se passe, parce que c'est un domaine dans lequel je suis un expert. Je sais de quelle manière le Goulag apparaît.
C'est comme si nous vivions dans une période de démantèlement rapide, systématique et très cohérent de la démocratie. Regardez ce projet de réforme législatif et de réglementation. Il transforme les ministres en législateurs qui peuvent introduire de nouvelles lois sans en parler au Parlement ni à quiconque. Ma réaction immédiate est : pourquoi avons-nous besoin de ça ? La Grande-Bretagne a survécu à deux guerres mondiales, à la guerre contre Napoléon, à l'Armada espagnole, sans parler de la guerre froide durant laquelle on nous disait à tout moment que nous pouvions avoir une guerre mondiale nucléaire, sans aucun besoin d'introduire ce genre de législation, sans avoir besoin de suspendre nos libertés civiles et d'introduire des pouvoirs spéciaux. Pourquoi en avons-nous besoin maintenant ? Ceci peut transformer votre pays en dictature en un rien de temps.
La situation d'aujourd'hui est vraiment sinistre. Les principaux partis politiques se sont fait complètement avoir par le nouveau projet de l'UE. Aucun d'entre eux ne s'y oppose vraiment. Ils sont devenus très corrompus. Qui va défendre nos libertés ? C'est comme si nous allions vers une sorte d'effondrement, une sorte de crise. Le résultat le plus probable est qu'il y aura un effondrement économique en Europe, ce qui arrivera forcément avec cette croissance des dépenses et des taxes. L'incapacité à créer un environnement compétitif, la sur-réglementation de l'économie, la bureaucratisation, cela va conduire à un effondrement économique. L'introduction de l'euro était une idée particulièrement folle. La monnaie n'est pas supposée être politique.
Je n'ai aucun doute là-dessus. Il va y avoir un effondrement de l'Union Européenne tout comme l'Union Soviétique s'est effondrée. Mais n'oubliez pas que quand ces choses s'effondrent, elles laissent une telle dévastation qu'il faut une génération pour s'en remettre. Pensez seulement à ce qui se passera s'il arrive une crise économique. Les récriminations entre nations seront immenses. Ça pourrait mener à une explosion.
Regardez l'immense nombre d'immigrants du tiers-monde vivant maintenant en Europe. Cela a été encouragé par l'Union Européenne. Que se passera-t-il avec eux s'il y a un effondrement économique ? Nous aurons probablement, comme en Union Soviétique à la fin, tellement d'affrontements ethniques que cela donne le vertige. Dans aucun autre pays il n'y a eu autant de tensions ethniques que dans l'Union Soviétique, sauf probablement en Yougoslavie. Donc c'est exactement ce qui arrivera ici aussi. Nous devons nous préparer à cela.
Cet immense édifice de bureaucratie va s'effondrer sur nos têtes. C'est pourquoi, et je suis très franc là-dessus, plus tôt nous en finirons avec l'UE, mieux cela vaudra. Plus tôt elle s'effondrera, moins il y aura de dégâts pour nous et pour les autres pays. Mais nous devons faire vite parce que les eurocrates agissent très rapidement. Il sera difficile de les vaincre. Aujourd'hui, c'est encore simple. Si un million de gens marchent sur Bruxelles aujourd'hui, ces types s'enfuiront jusqu'aux Bahamas. Si demain la moitié de la population britannique refuse de payer ses impôts, rien ne se passera et personne n'ira en prison. Aujourd'hui vous pouvez encore faire ça. Mais je ne sais pas quelle sera la situation demain avec un Europol en pleine puissance bourré d'anciens officiers de la Stasi [est-allemande] ou de la Securitate [roumaine]. Tout peut arriver.
Nous perdons du temps. Nous devons les vaincre. Nous devons nous asseoir et réfléchir, élaborer une stratégie le plus rapidement possible pour obtenir un effet maximum. Autrement il sera trop tard. Donc que dirais-je ? Ma conclusion n'est pas optimiste. Jusqu'ici, en dépit du fait que nous avons des forces anti-UE dans presque chaque pays, ce n'est pas assez. Nous perdons et nous gaspillons du temps.
Du bureau de Paul Belien, le 27 février
Publié sur www.brusselsjournal.com/node/865[/i]
. M. Bukovsky avait qualifié l'UE de « monstre » qui doit être "détruit le plus tôt possible, avant qu'il ne se transforme en un Etat totalitaire en pleine puissance". Né en 1942, cet ancien dissident soviétique qui a passé 12 ans de sa vie emprisonné (camp, prison, hôpital psychiatrique) est le premier à avoir dénoncé l'utilisation de l'emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques en Union soviétique.
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Dernière édition par Bea le Lun 19 Mar - 16:51, édité 2 fois
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Lun 19 Mar - 15:48
et hier, en postant sur le Qatar (Arabie saoudite..) et ce qui se passe dans les pays arabes,
je pensais la meme chose :
ils veulent construire une Union arabe (avec charia ou pas, je ne sais...)
mais en tous cas, une 'union', qui va supprimer tout nationalisme, toute independance...
la terre ne sera plus qu'une petite union d'empires diktatoriaux,
menes par la puissance des tenebres.....
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: crise financiere Lun 19 Mar - 16:57
quand Bukowsky pensait, en 2006, que les methodes seraient plus douces en Europe qu'en Union sovietique..... il avait peut-etre tort
Lundi 5 Mars 2012
«Il ne peut y avoir d'issue en Grèce qu'avec un pouvoir militaire» affirme Michel Rocard
Michel Rocard se lâche, dans une interview à Libération ((5/03), avec, en particulier, cette petite phrase sur un pouvoir militaire en Grèce... Pour l'ancien Premier ministre, les mesures d'austérité – « une décroissance forcée », dit-il – imposées à la Grèce posent la question démocratique dans ce pays : "comment fait-on dans ce contexte pour maintenir des élections ? Il n'est pas possible de gouverner ce peuple en lui disant qu'il va perdre 25% de son revenu dans les dix ans si on tient à payer toutes les dettes. Personne ne le dit, mais il ne peut y avoir d'issue en Grèce qu'"avec un pouvoir militaire. " Il ajoute : "Il devient de plus en plus indispensable d'annuler partout une bonne partie de la dette non payable. Mais attention, la grande bulle qui menace, elle est privée ! Une éventuelle crise de la dette souveraine européenne ne serait qu'un petit détonateur. Nous sommes dans l'imbécillité politique collective."