_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mar 27 Déc - 18:57
une autre facon de les aider.... en direct... je n'aime guere les associations internationales
en pays occidental, nous avons certes des raisons de nous plaindre, mais nous avons l'essentiel et souvent plus, du moins un peu plus
Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 13:05
Aide directe aux habitants de Minamisoma
« J’arrive au bout de mon voyage. Je ne peux clamer : « Evacuons TOUS les enfants du district de Fukushima ! », comme je le pensais avant de partir. Dire cela, correspond à une position idéologique. Si je faisais ça, je ressemblerais à TEPCO ou à tous ceux qui clament qu’il n’y a aucun problème. Ce discours ne tient pas la route face aux habitants de Minamisoma qui rêvent de faire revivre leur ville. Il ne contribue qu'à augmenter la tension qui est déjà en eux... Au bout de ce voyage, une chose est claire cependant. NOUS DEVONS PRENDRE NOS RESPONSABILITES. Au sens étymologique du terme, cela veut dire : répondre aux questions. Ici, il s’agit d’être capable de répondre aux enfants qui nous demanderont pourquoi nous avons agi sans tenir compte de leur futur ! » Alain de Halleux, 13 novembre 2011
Situation de Minamisoma par rapport à la centrale de Fukushima
A Minamisoma, à 25 km de la centrale de Fukushima, il y a des familles qui continuent à vivre. Le gouvernement les a laissées revenir dans leur village, où les maisons ont souvent été détruites par le séisme. N’ayant pas assez de revenus pour déménager ailleurs, elles occupent des logements provisoires. Ceci malgré des radiations dépassant le microsievert par heure dans l'air et le million de becquerel au m² dans la terre. A Tchernobyl, il n'y aurait plus personne. Le gouvernement ne les aidera pas à déménager, ni cette année, ni l'année prochaine, ni jamais...
Beaucoup de personnes âgées ne peuvent pas faire plusieurs dizaines de km pour aller acheter à manger. M. ODOME (73 ans) organise une distribution de vivres dans l'ancien hôtel qu'il tenait avant la catastrophe. Il le dit lui-même : « Le moindre petit colis contenant de la nourriture est précieux pour nous. » Cet homme fait preuve de beaucoup de courage et de détermination.
Concrètement, que peut-on faire pour aider ces familles de Minami-Soma ?
A l’initiative d’un groupe facebook, une aide directe à M. Odome s’est engagée. Si vous fréquentez ce média social, vous pouvez retrouver les informations en cliquant sur ce lien : groupe « Les amis de M. Odome »
Dans le cas contraire, vous pouvez directement soutenir M. Odome pour qu’il continue à aider la population à être ravitaillée en nourriture saine en lui envoyant directement des colis à l’adresse suivante.
M. Takao ODOME Business Hotel ROKKAKU HARAMACHI KU OOMIKA JI HIRABAYASHI 51 MINAMI SOMA SHI FUKUSHIMA KEN 975-0049 JAPON
Quels types de produits pouvez-vous envoyer ?
Sardines à l'huile, biscuits, chocolat, fruits secs, confitures, tous produits finis...
Riz et céréales sont trop lourds pour être envoyés par avion (le bateau prend 3 mois). A éviter : charcuterie et viande (la douane japonaise n'accepte pas).
Lettre de M. Odome du 6 octobre 2011
« La "zone d'évacuation à titre exceptionnel (20-30 km)" vient d'être banalisée, et pourtant, aucune décontamination n'est effectuée sur les terrains privés ... L'État a-t-il décidé de laisser les autorités locales sans aucune aide ?
Cela fait maintenant plus de six mois que nous avons été déclarés "sinistrés".
Nous retrouvons peu à peu notre sérénité, et parfois même des sourires apparaissent sur les visages. Mais les pertes infligées aux personnes sont telles que certains choisissent de mettre une fin à leur vie.
C'est la réalité.
Et ceci nous fait parfois hésiter sur le meilleur moyen de conduire notre action en tant que bénévoles. Les dons matériels (denrées, vivres) qui nous parviennent de tout le pays nous réchauffent le cœur, et sont vraiment très utiles pour tous les sinistrés ici.
Tant qu'il n'y aura pas de redémarrage de la vie commerçante ici, nous pensons solliciter encore votre aide.
En plus de cela, nous comptons poursuivre une aide psychologique aux sinistrés, notamment en faisant des rondes parmi les habitations provisoires pour pouvoir aussi parler avec les gens.
Grâce à vos envois, nous devrions avoir à peu près assez de vêtements d'hiver, même si nous manquons encore un peu de couvertures.
Pour la suite, tout ce qui est alimentation nous ferait un grand plaisir. Le moindre paquet est le bienvenu. Nous nous recommandons à votre bienveillance.
Chaque personne sinistrée ici n'a qu'un vœu : pouvoir vivre à nouveau avec sa famille, ou travailler à nouveau, le plus vite possible.
Nous vous prions de croire à l'expression de notre gratitude et souhaitons la santé à toutes les personnes chaleureuses qui ont bien voulu nous aider.
Le 6 octobre 2011, Takao ODOME, Président de l’Association pour la protection de la vie et de l'environnement contre les centrales nucléaires »
une couverture legere et chaude dans le colis serait bienvenue
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Dim 1 Jan - 15:51
Japon : un séisme ébranle les gratte-ciel de Tokyo Par RFI
Un puissant séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter a frappé le 1er janvier 2012 la région de Tokyo sans causer de dégâts. Ce tremblement de terre, dont l'épicentre se trouve près de l'île Torishima dans l'archipel des Izu, résonne comme un mauvais souvenir pour les Tokyoïtes, encore traumatisés par la succession de catastrophes naturelles et l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011.
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Lun 2 Jan - 15:25
Lundi 2 janvier 2012 - le 11 mars 2011 : les panneaux de ventilation des réacteurs 1, 2 et 3 étaient déjà absents
Depuis hier circule une information non confirmée, provenant d’un employé anonyme de Tepco, laissant entendre que les panneaux de ventilation de sécurité des bâtiments réacteurs avaient été soudés alors qu’ils auraient dû rester amovibles, ce qui aurait favorisé les explosions des bâtiments. Or il s’avère qu’une vidéo prise le 11 mars montre les unités 2, 3 et 4 avec leurs panneaux absents.
C’est un veilleur de Fukushima assidu, Ray, collectionneur et analyseur d’images et de vidéos sur la catastrophe, qui a trouvé l’oiseau rare : une vidéo d’un journal télé japonais, enregistré et diffusé à présent sur YouTube par nuckelchen. Voici l’image la plus nette extraite de cette vidéo, montrant clairement les emplacements des 3 panneaux manquants (rectangles noirs sur les murs face à la mer).
L’enregistrement date précisément du 11 mars à 22h24-25, et le film a été pris d’un hélicoptère. C’est à ma connaissance le seul document dont on dispose qui montre le côté est des bâtiments. Je me souviens qu’au tout début de la catastrophe, les journaux télévisés ne montraient pas d’image de la centrale, sauf des images d’archives. Ensuite, très rapidement ont eu lieu les explosions et les informations se sont focalisées sur leurs images spectaculaires, bien que parcellaires (on n’a toujours pas d’image de l’explosion du bâtiment 4, plus de 9 mois après les faits !).
[youtube][/youtube]
La vidéo n’est pas de bonne qualité, mais l’information est fiable : les panneaux sont manquants. Maintenant, reste à se poser les bonnes questions :
- Le bâtiment n°1, le plus ancien, était-il équipé de ce panneau de ventilation ? Si oui, ce panneau avait-il été soudé comme l’affirme cet informateur anonyme ? Une confirmation de cette information serait grave car cela remet en cause la compétence de la NISA. C’est un peu comme les magasins qui cadenassent les sorties de secours ; on prévoit des systèmes de sécurité mais on s’empresse de les rendre hors d’usage…
- A quel moment les 3 panneaux ont-ils été éjectés ? On sait juste qu’ils sont tombés entre 14h46, l’heure exacte du tremblement de terre, et 22:24, l’heure exacte de la prise de vue aérienne. Mais en fait, il est possible que le tremblement de terre de magnitude 9 ait fait sauter ces panneaux dès le début de l’après midi. En effet, à cette heure-là, aucune explosion n’avait encore eu lieu. Toutefois, la prise de vue a lieu presque 8 heures après le séisme, et 7 heures après le tsunami. Les cœurs étaient déjà en train de chauffer sérieusement et de ce fait, les panneaux ont peut-être sauté à cause de la pression interne des bâtiments.
Evidemment, tout cela demanderait une enquête complète et minutieuse, réalisée par des experts indépendants. On en est loin… Mais la vérité avance jour après jour et on ne désespère pas en 2012 avoir plus d’informations qu’en 2011. A qui profite ces cachotteries ? L’analyse de cette vidéo va peut-être faire avancer les choses un peu plus vite. Car si les panneaux 2, 3 et 4 étaient ouverts avant les explosions, ils ont pu libérer l’hydrogène. Dans ce cas, seule l’explosion du réacteur n°1 est compréhensible car il n’avait pas d’ouverture. Les explosions des bâtiments 2, 3 et 4 pourraient alors avoir été causées par autre chose. La diffusion de la vidéo de l’explosion du réacteur 3 a fait vraiment désordre. Elle ne ressemblait pas du tout à la première. Faire avaler une couleuvre au monde entier en prétendant qu’il s’agissait aussi d’une explosion d’hydrogène, c’était déjà très difficile, alors l’explosion du réacteur 4, n’en parlons pas, elle a été carrément censurée !
Tout cela est du passé, mais il va bien falloir déterminer les responsabilités et les causes de cette catastrophe en reconstituant fidèlement le fil des évènements. Dans le même temps, il faudra continuer à gérer les dangers du présent. Aujourd’hui, le danger vient à nouveau de la piscine du réacteur 4. Je vous avais déjà signalé que son niveau était déjà descendu bien bas récemment, et ça recommence. Un message d’alerte a été donné à la presse : la piscine fuit, mais on ne sait pas où va l’eau !
A chaque tremblement de terre, comme celui du 1er janvier, les secousses ne doivent pas arranger les choses…
Une surveillance continue est nécessaire pour éviter aux 264 tonnes de combustibles de s’enflammer et polluer tout l'hémisphère nord.
======
question de Candide aux apprentis sorciers :
le tsunami a-t-il provoque le pbm de la Centrale ??
ou
le probleme de la Centrale a-t-il induit le tsunami ???
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mar 17 Jan - 17:39
est-ce un reve.. un cauchemar.. ou une plaisanterie ??
Lu sur Le Parisien Publié le 13.01.2012, 07h00
Soucieux de montrer sa solidarité avec le Japon, le Louvre présentera, du 27 avril au 17 septembre, une exposition itinérante dans trois villes du nord de l’archipel, dont Fukushima. Une vingtaine d’œuvres — dont « Les trois grâces...
l'argent qui va etre depense... avec les nombreux accompagnateurs des 'oeuvres'... ne pouvait-il pas mieux servir a aider les habitants de Fukushima.... ???
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mar 17 Jan - 17:42
parce que des 'gens' vont rester sur place pendant 5 mois...
une fortune en depenses.... !!!!
et un voyage aux frais de la 'princesse' (nous) pour certains...
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mar 17 Jan - 17:52
Samedi 14 janvier 2012
[b]Les conséquences sanitaires de Fukushima : avertissements et recommandations de Michel Fernex[/b]
Suite à la publication d’un article du journal Mainichi Daily News, voici la réaction de Michel Fernex, professeur émérite de la Faculté de Médecine de Bâle, ex-membre des Comités Directeurs de TDR (Programme spécial de Recherche pour les maladies tropicales) à l'OMS, et Président de l'association Enfants de Tchernobyl Bélarus de 2006 à 2010.
Ce texte a créé un petit buzz sur la toile japonaise.[/b
Réponse de Michel Fernex
A Biederthal, le mercredi 30 novembre 2011
En lisant l'article du Mainichi Daily News, à propos des problèmes de santé après l'accident nucléaire de Fukushima, on peut se poser une question : [b]quelle institution pourrait conseiller les autorités sur les meilleures dispositions à prendre pour protéger la population et diminuer les souffrances des victimes ?
La responsabilité de la direction de l'usine commence avec les erreurs dans la conception et la construction de la centrale, l'absence d'information sur les dommages réels dus au tremblement de terre, plus d'une heure avant que le reste de la vague du tsunami ne fasse des milliers de victimes 100 km plus loin. Ces erreurs ont été la cause du retard apporté à la réduction et à l'arrêt de la contamination de l'air, des sols et de l'eau.
- L’OMS subordonné à l’AIEA -
Conformément à sa constitution (1946), l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) se doit de fournir une assistance technique dans le domaine de la médecine, en cas d'urgence, si cela est demandé par les gouvernements, ou simplement après l'acceptation de telles interventions. L'OMS doit fournir toutes les informations, donner des conseils et offrir une assistance concernant la santé. Elle doit former une opinion publique bien documentée sur la santé. Aucune de ces obligations n'a été respectée.
Ceci ne s'est pas produit pour des raisons historiques. L'OMS a signé en 1959 avec la toute nouvelle Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) un accord voté par l'assemblée Générale (WHA 12.40) qui a mis fin à l'indépendance de l'OMS dans le domaine de l'industrie nucléaire. De plus récentes décisions confirment le retrait des activités de l'OMS dans le domaine des radiations ionisantes. Cela explique que l'AIEA soit intervenue à Tchernobyl et Fukushima, et pas l'OMS.
La population ignore les statuts de l'AIEA, qui donne des directives ou contribue à prendre des décisions après une catastrophe atomique comme celles de Fukushima ou Tchernobyl. L'AIEA, avant tout, se doit de respecter les termes de ses statuts. Les lignes ci-après, tirées d'un document de l'AIEA, cité dans les publications de l'AIEA, par exemple dans les "Proceedings of the International Conference on Chernobyl", à Vienne, du 8 au 12 avril 1996. Il y est stipulé que l'Agence a pour principal objectif "d'accélérer et d'étendre la contribution de l'industrie atomique à la paix, la santé et la prospérité à travers le monde".
En d'autres termes, cette agence des Nations Unies doit avant tout promouvoir les industries nucléaires, et soutenir ce genre de projets commerciaux. L'AIEA occupe la plus haute position dans la hiérarchie des agences de Nations Unies, y compris l'OMS, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'UNICEF et d'autres contrôlées par ECOSOP. En outre, l'OMS, d'un point de vue légal, n'est pas indépendante, ou pire est absente dans le domaine des radiations ionisantes. L'AIEA, dans la nécessité d'imposer ses buts, n'admettra pas que ces sévères maladies soient dues aux radiations. Cela risquerait de ralentir le développement et la croissance des installations nucléaires dans le monde. Les directives de cette agence représentent la défense de ces structures commerciales, bien plus que la protection des populations ou l'aide aux victimes.
Pour les autorités sanitaires nationales, l'AIEA sera donc le mauvais conseiller en cas de catastrophe nucléaire. La priorité sera donnée aux considérations économiques, et donc toute tentative d'attribuer ou d'associer des pathologies aux radiations sera réfutée. De fausses estimations peuvent retarder l'évacuation de communautés fortement irradiées.
- Les effets du rayonnement selon le sexe -
Choquant et encore plus incompréhensible à Fukushima a été l'absence de distribution d'iode stable à toute la population, et avant tout aux enfants, qui sont les plus menacés. Cette intervention prophylactique est peu coûteuse. Elle aurait été efficace, comme démontré en Pologne par Keath Baverstock, une campagne de ce genre est très bien tolérée, même si cela inclut des millions d'enfants, qui ont le plus besoin d'une telle protection. Un comprimé à avaler, si possible avant que le vent qui transporte l'iode radioactive, essentiellement I-131, ne traverse la région.
Le journal n'indique pas que les premières victimes de l'accident de Fukushima sont et seront les enfants. Cela commence quand la rapidité de la division cellulaire de l'embryon rend ce stade de développement 1000 fois plus vulnérable que l'adulte. Les embryons peuvent mourir, ce qui correspondrait à des avortements précoces. A la naissance, 5% des bébés filles ont manqué dans les années qui ont suivi l'explosion de Tchernobyl, en comparaison avec les statistiques d'avant 1986. Les plus importantes différences dans l'équilibre des sexes, avec plus de 5% d'enfants femelles manquant, ont été enregistrées au Bélarus et en Russie, les pays qui ont subi le plus de retombées radioactives. Une diminution des filles à la naissance a été également enregistrée en Europe de l'Est et dans les Balkans après Tchernobyl. Même en Allemagne, on a enregistré un déficit notable de filles à la naissance. Toutefois, en France et en Espagne, où les retombées ont été faibles ou localisées, aucun changement dans l'équilibre des sexes à la naissance n'a été enregistré. Cela montre que ce décalage est proportionnel à l'intensité des radiations ionisantes.
Le rapport normal entre les sexes, inégal, correspond à environ 1045 nouveaux-nés mâles pour 1000 nouveaux-nés femelles. Ce pourcentage est plus ou moins constant à travers le monde. Il y a d'autres exemples où le décalage entre sexes est plus important, en liaison avec une radioactivité accrue. Par exemple, dans la vallée de Kerala, présentant une radioactivité ambiante due au monazite, un sable riche en thorium, avec une activité six fois supérieure à la normale, provoque un accroissement significatif de mutations dominantes, ainsi que de la trisomie 21, de même qu'une augmentation de la disparité entre les sexes, par comparaison avec la vallée voisine qui présente une radiation normale (Padmanabham).
A Tchernobyl, on a constaté une mortinatalité, une mortalité périnatale ainsi que des malformations congénitales. Les déficiences cardiaques sont constatées beaucoup plus tard. L'irradiation des fœtus in utero peut conduire à un accroissement des leucémies et cancers (tumeurs du cerveau), comme démontré dans les années 50 par Alice Stewart.
- Rayonnement et dysfonctionnement immunitaire -
A Tchernobyl, la fréquence de diabète sucré de type 1 a augmenté chez les enfants, et spécialement chez les jeunes enfants et les bébés, où la maladie provoque un coma puis un décès. Ceci est provoqué par des défauts dans le système immunitaire ou une mutation. Généralement, des facteurs héréditaires peuvent être trouvés dans ces cas-là ; les parents ou grands-parents souffrent de problèmes similaires. A Tchernobyl, le diabète sucré de type 1 n'existe pas dans la famille. Le diabète sucré de Tchernobyl semble être une nouvelle maladie.
Il est prouvé qu'au Bélarus, le système immunitaire a été gravement affecté après l'accident. Donc, à la fois les globules blancs et les gamma globulines doivent être étudiées avec un suivi prolongé sur la population de Fukushima (voir les publications du Pr. Titov). Les résultats devraient être comparés avec ceux d'études similaires effectuées sur des populations d'enfants éloignées des retombées radioactives, par exemple une région comparable près de Kobe ou Kyoto.
Lorsque l'on étudie le système immunitaire d'enfants irradiés, il faudrait prêter attention aux auto-anticorps par rapport aux cellules beta des îlots de Langerhans dans le pancréas, et par rapport aux cellules de la thyroïde. La thyroïdite de Hashimoto a la même étiologie que le diabète sucré de type 1. D'autres glandes endocrines, comme celle produisant des hormones sexuelles, peuvent être responsables de problèmes fonctionnels, spécialement pendant la puberté : retards menstruels ou même épidémie de stérilité masculine, comme décrit en Ukraine. La fréquence des maladies allergiques peut également s'accroître dans les populations d'enfants irradiés. Là encore, une comparaison avec des communautés à l'abri des retombées radioactives sera nécessaire.
L'hyper-sensibilité de cellules (culture de lymphocytes) d'enfants irradiés, après une brève exposition aux rayons-X de la culture cellulaire, devrait être étudiée à Fukushima, comme cela a été fait à Tchernobyl par le Pr. Pelevina. L'altération du système immunitaire contribue à n'en pas douter à l'accroissement des maladies infectieuses chez les bébés et les enfants de Tchernobyl, même après des années, si les enfants continuent à absorber de la nourriture radio-contaminée. Les infections on des conséquences plus graves, avec des complications et une tendance à devenir chroniques, par comparaison avec des enfants de régions non contaminées.
Les radiations ionisantes induisent une instabilité du génome, directement transmissible de génération en génération. Ceci doit être étudié et suivi pendant des générations, en commençant par les grands-parents dès maintenant.
- Irradiation et cancer -
Le taux de cancer de la thyroïde, extrêmement rare chez de jeunes enfants, peut augmenter même avant l'âge de 5 ans, un âge auquel on s'attend normalement à un cas sur un million de cette maladie maligne. Si l'irradiation se produit in utero, ou tôt après la naissance, le temps de latence peut être très court, et un cancer papillaire de la thyroïde, rapidement envahissant, peut se développer chez de très jeunes enfants. Tchernobyl a provoqué plusieurs autres maladies de la thyroïde, comme des goitres, des thyroïdites, et désordres fonctionnels. Les autres cancers ont des temps de latence plus longs, jusqu'à 35 ans. Cronberg en Suède et Okeanov, au Bélarus, ont trouvé une nette tendance à l'accroissement de différents cancers 10 ans après Tchernobyl, et une augmentation significative de tous les cancers communs après 20 ans.
L'irradiation de jeunes adultes entraîne un vieillissement prématuré ; l'apparition prématurée de cancers participe de ce phénomène. L'accroissement des cancers était plus prononcé chez les plus jeunes des liquidateurs de Tchernobyl que chez les plus âgés, pour la même exposition aux radiations. Okeanov a en outre montré que parmi les liquidateurs, la durée de l'exposition aux radiations était un facteur de risque plus important que la dose. (Cf. Proceeding of an intentional conference, AIEA, Vienne, p. 279, 8-12 April 1996). Lors de l'étude des problèmes des cancers, il ne faut pas choisir la mortalité comme paramètre, la mortalité décroît année après année, mais le taux va croissant, spécialement parmi les sujets irradiés, et il est 20 ans trop tôt pour déterminer la moyenne d'âge d'apparition. Pour ça, des différences statistiques pourront être trouvées dans dix ou vingt ans.
La cécité est également plus fréquente parmi les liquidateurs les plus jeunes. C'est une maladie dégénérative de la rétine, avec une perturbation de la microcirculation qui atteint la macula après quelques années.
A Tchernobyl, la première cause de décès dus aux radiations n'est pas le cancer, mais les maladies cardio-vasculaires, l'hypertension, avec complications cérébrales et cardiaques. Les médecins peuvent protéger les patients de ces complications.
Des années après Tchernobyl, les enfants avec une grande concentration de Cs-137 dans l'organisme sont malades dans 80% des cas, et ont souvent des problèmes cardiaques. Avant Tchernobyl, et dans les régions du Bélarus où les retombées radioactives sont minimales, seulement 20% des enfants peuvent être considérés en mauvaise santé, comme c'était le cas au Bélarus avant la catastrophe.
La thyroïdite de Hashimoto et le diabète sucré de type 1 touche toujours de jeunes bébés. D'autres maladies endocrines, comme celles provoquées par des anomalies des hormones sexuelles peuvent être responsables de dysfonctionnements, en particulier chez les filles pendant la puberté, avec des retards de menstruation, et chez les garçons, avec une stérilité.
Il est important que des études similaires soient entreprises à Fukushima, avec toujours la possibilité de comparer les résultats, avec un groupe de référence, dans un environnement similaire, mais sans retombée radioactive. L'âge, la répartition des sexes, les professions, les modes de vie de la population devraient être les mêmes. Les régions radiologiquement propres pour la comparaison devraient êtres choisies autour de Kyoto et de Kobe.
- Eviter l’exposition interne -
Les mesures à prendre pour protéger les enfants consistent avant tout à éviter l'absorption de radionucléides avec les boissons et les aliments. Il faut fournir des aliments et des boissons propres à tous les enfants, à la maison et dans les réfectoires à l'école. Des vacances dans des régions non contaminées sont également bénéfiques.
La pectine réduit l'absorption de radionucléides, Sr-90, Cs-137 et dérivés de l'uranium. Elle accélère également l'élimination des radionucléides à la fois dans les selles et l'urine. Cet additif alimentaire est considéré par les experts du Laboratoire de la Commission Européenne à Ispra (Italie) comme sûr et efficace pour cette indication (Nesterenko V.I. & al. SMV 134: 24-27. 2004).
Les enfants contaminés peuvent aussi être protégés avec des vitamines E et A, ainsi qu'avec des carotènes, qui agissent en tant qu'antioxydants. Les mères devraient donner des carottes, des betteraves et des fruits rouges, qui contiennent de tels antioxydants, à leurs enfants.
La dose de radiation externe est une bien moindre source de pathologies que la dose interne dus à l'absorption de radionucléides, qui s'accumulent dans les organes tels que thymus, glandes endocrines, rate, surface des os et cœur. Bandazhevsky a démontré après Tchernobyl (SMW 2003;133:488-490) que l'on détecte à l'autopsie des concentrations de Cs137 deux fois supérieures dans les organes des enfants que dans ceux des adultes de la même région. Les plus fortes concentrations sont mesurées dans le pancréas et le thymus des nouveaux-nés et des bébés.
Les dosimètres donnés aux enfants devraient être remplacés par des spectromètres du corps entier transportés périodiquement dans les écoles pour contrôles. Ils donnent une mesure de la charge de Cs-137. Si la valeur mesurée dépasse 20 Bq/kg de poids du corps, des cures de pectine s'avèrent nécessaires, et la nourriture contaminée doit être remplacée par de la nourriture et des boissons saines.
Ces remarques font suite à l'article du Mainich Daily News. Il confirme que parmi les adultes, aucun décès n'a eu lieu pour l'instant. Les problèmes épidémiologiques et médicaux doivent être étudiés et traités de la naissance à la puberté par des pédiatres, des généticiens et des immunologiques, dans les communautés irradiées. Ils devront comparer la situation présente à Fukushima avec les observations faites dans des régions comparables, mais non contaminées.
version aussi en anglais sous le lien
http://fukushima.over-blog.fr/
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mar 17 Jan - 17:54
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mar 17 Jan - 17:58
Vendredi 6 janvier 2012
Asako House : création d'un site dédié
Suite à l’article « Ecrivez une lettre à Asako House » édité le 26 décembre 2011, en l’espace de 10 jours, des centaines de promesses d’envoi de courriers ont été annoncées dans les commentaires du blog, assurant à la maison de la résistance à l’énergie nucléaire au Japon un passage du facteur au moins pendant 300 jours différents de l’année 2012.
C’est Atsuko Ogasawara, la fille d’Asako, qui va être comblée ! Là-bas, elle est assez isolée dans sa lutte contre la construction de la centrale, comme le montre le reportage que vous pourrez découvrir plus bas. Ces centaines de lettres vont avoir au moins deux vertus : faire passer le facteur pour empêcher la fermeture de la route menant à Asako House, et redonner du courage et de la force à Atsuko.
Atsuko a prévu large, regardez sa boîte aux lettres ! Il ne faut surtout pas la laisser vide un seul jour de l’année. Pour faciliter cette action de solidarité, Julien s’est spontanément proposé pour créer un site dédié. Celui-ci reprend l’article original pour expliquer l’action à ceux qui la découvre, et surtout il propose un calendrier perpétuel qui permet de programmer ses envois en fonction des envois des autres. Le fonctionnement en est très simple, il suffit de taper son nom et son pays dans le jour que l’on souhaite. Une fonction « avertissement » est aussi proposée (elle reste facultative) pour recevoir un courriel de rappel avant la date choisie.
Un site simple et génial, merci Julien !
Diffusez-le largement !
Quelques informations supplémentaires :
- Merci à ceux qui ont fait des promesses d'envoi dans les commentaires du blog de compléter les jours qu'ils ont choisi dans le site asakohouse.com.
- Il est d’ores et déjà prévu de traduire le site asakohouse.com en plusieurs langues. Les personnes compétentes et intéressées peuvent contacter Julien directement à cette adresse : asako[arobase]asakohouse.com pour l’aider dans cette tâche.
- Envoi international vers le Japon depuis la France : timbre à 89 centimes d’euro pour un envoi ne dépassant pas 20 grammes.
- Je ne pense pas qu’Atsuko connaisse le français. En revanche, elle sait parler anglais. Si vous ne savez pas quoi écrire, faites-lui un dessin ou envoyez-lui une photo !
- Dans un premier temps, privilégiez les dates qui n’ont pas encore été choisies, avec comme objectif d’atteindre trois envois par jour (même les dimanches). Cela assurera l’envoi d’au moins 1000 lettres bien réparties dans l’année.
- Les suites données à cette action internationale seront diffusées par l’intermédiaire du blog de Fukushima et du site asakohouse.com
- Je remercie infiniment tous les participants pour leur enthousiasme. Au-delà de la lutte contre la construction d’une centrale nucléaire, cette action a une grande valeur symbolique qui peut porter haut la volonté des peuples à se débarrasser de l’énergie nucléaire dans le monde entier.
http://www.asakohouse.com/
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mar 17 Jan - 18:12
1 enveloppe + 1 timbre = 1 euro par mois
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Mer 1 Fév - 13:06
POUR APPROFONDIR - Retour à Fukushima
30/01/2012- par par Paul Jobin
Depuis mars 2011, de nombreux experts du nucléaire se sont exprimés au sujet de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Bien plus rares sont les acteurs et victimes du drame à avoir pris la parole. Rencontre avec un « liquidateur » et de simples riverains de Fukushima. Leurs témoignages sont comme des échos à ceux de travailleurs de Tepco recueillis dix ans plus tôt, ...
... lors d’une enquête sur la sous-traitance dans le nucléaire japonais (1).
L’article ci-dessous a été publié dans le numéro du deuxième semestre 2011 de HesaMag, le magazine de l’Institut syndical européen (ETUI). Paul Jobin, son auteur, est sociologue, directeur du CEFC Taipei (Centre d’études français sur la Chine contemporaine, antenne de Taipei) et maître de conférences à l’université Paris Diderot, département des langues et civilisations de l’Asie orientale.
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Jeu 9 Fév - 12:39
31.01.2012
Une fuite de plus de 600 litres d’eau a été détectée à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon ce week-end, obligeant la compagnie TEPCO à suspendre les opérations de refroidissement d’une piscine de carburant.
La fuite aurait été causé par le gel, et n’a a priori pas atteint l’océan, d’après ce que les médias et la compagnie ont indiqué dans des communiqués.
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Sam 18 Fév - 22:41
Selon les informations rapportées par le blog EX-SKF, on a trouvé à Minamisoma une mystérieuse poussière noire radioactive déposée sur le sol dans de nombreux endroits de la ville. Sa radioactivité en césium a été évaluée à plus d'un million de becquerels/kg.
Cette poussière serait donc extrêmement contaminée et présenterait des dangers certains pour la population à cause des risques d’inhalation. Si la pollution constatée est confirmée, il faudra vraisemblablement évacuer les quartiers concernés, car le taux relevé est énorme.
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.
Dernière édition par Bea le Sam 18 Fév - 22:48, édité 1 fois
Bea Admin
Nombre de messages: 12636 Date d'inscription: 18/11/2010
Sujet: Re: JAPON: sans commentaire Sam 18 Fév - 22:48
Pour mieux comprendre la tragédie vécue par les évacués de la zone interdite de Fukushima, Janick Magne, Française résidente au Japon depuis 33 ans et candidate aux élections législatives pour les Français de l’étranger, s’est rendue le samedi 18 février à Futaba, ville-fantôme située à 1,5 km de la centrale de Fukushuma-Daiichi en ruines.
Une famille qui habitait Futaba jusqu’au 12 mars 2011 (date de l’explosion du réacteur n°1) l’avait invitée à se joindre à une courte visite de leur ville, visite qui, pour des raisons de radioactivité intense, ne pouvait dépasser 5 heures.
Janick Magne était en tenue de protection complète, de la tête aux pieds, avec gants et masque. Son groupe avait été prévenu qu’il était interdit de ramasser tout objet qui tomberait au sol, à cause de la forte radioactivité et des radionucléides omniprésents. La radioactivité actuelle y est de 100 à 400 microsieverts/h (taux normal à Tokyo: 0,08 microsieverts).
La ville, bâtie en hauteur, est toujours debout, peu de maisons ont souffert à Futaba, fils et poteaux électriques sont à leur place. Mais tout est tellement contaminé que les évacués ne peuvent pas même récupérer leurs vêtements.
Avant son départ, Janick Magne avait expliqué sa démarche :
“Après ma rencontre le 12 février avec des évacués de Futaba et leur maire réfugiés dans un lycée désaffecté de la grande banlieue de Tokyo, j’ai voulu voir de mes propres yeux ce qu’était leur cadre de vie avant la catastrophe. Je veux témoigner en direct de l’horreur du nucléaire, des tragédies humanitaires et du scandale sanitaire intolérable dont il est la cause.
Ce témoignage est une promesse faite aux évacués de Futaba, qui se retrouvent aujourd’hui dépossédés de leurs maisons et de leurs terres, orphelins de leur passé et de leur avenir, malades, désespérés. Car jamais les habitants de la zone interdite ne pourront rentrer chez eux, ni leurs enfants, et peut-être même pas leurs petits-enfants. Quand j’ai demandé au maire de Futaba quel message il voulait transmettre aux Français et au monde, il m’a dit : « Parlez de nous, dénoncez ce qui se passe, faites-le savoir! ».
De retour à Tokyo, voici son premier témoignage relevé sur Facebook :
« Bonjour à tous,
Je suis rentrée ce soir à Tokyo. Cette visite de FUTABA et ma rencontre avec divers membres de la famille qui m'a amenée là-bas ont été poignantes. Je me croyais forte, j'ai tenu le choc tant que j'étais avec eux tous, mais ce soir, en rentrant chez moi, je me suis mise à pleurer....
Les images des maisons écroulées, de la chaussée défoncée, de la ville basse en bordure de mer complètement disparue (il ne reste qu'un terrain vague à l'infini),
les os des vaches dans l'étable (les gens pensaient revenir le lendemain, ils n'imaginaient pas que l'évacuation serait sans retour, ils ont laissé les vaches enfermées dans l'étable),
la demi-mâchoire d'une vache dans la boue sur la route (probablement rongée par des chiens errants affamés),
le ventre gonflé d'une autre vache en putréfaction venue mourir sur le bord d'une autre route,
les devantures de magasins démolies,
leurs articles laissés à l'abandon pêle-mêle,
les petits temples traditionnels tout de guingois,
les monuments dans le cimetière en partie renversés,
les rideaux dérisoires qui sortent par des fenêtres cassées et s'agitent au vent glacial de février,
et puis toutes ces belles maisons intactes, récentes, entourées de jardins, dans lesquelles plus personne ne peut revenir vivre parce qu'elles sont contaminées....
Mes amis essayant de récupérer quelques affaires, qu'il leur faut présenter au contrôle pour déterminer si elles ne sont pas trop radioactives pour sortir de la zone... Eux-mêmes munis d'un compteur emprunté quelque part pour vérifier encore une fois... La plupart du temps, les vêtements sont trop contaminés pour pouvoir être emportés. Ces gens pudiques sur leur malheur mais qui ne sourient plus, qui avaient une si belle vie ici, entre forêt, montagnes et océan, aujourd'hui réfugiés dans des préfabriqués minuscules... Ils avaient des vaches, des maisons, des terres, des rizières...
Pudiques, mais ils se lâcheront tout à l'heure, lorsque, tous réunis autour d'un déjeuner dans un restaurant d'une autre ville, ils me diront :
"Jamais je n'aurais imaginé devenir aussi pauvre."
"J'aurais tellement voulu aider ceux de la ville basse, dont les maisons ont été englouties par le tsunami, les héberger, mais c'était impossible: notre maison est contaminée, plus personne ne peut y vivre."
"Après des mois dans un lycée désaffecté à partager une salle de classe avec d'autres réfugiés, on a réussi à trouver un tout petit appartement, mais on n'a pas de travail",
et puis
"On est loin de la mer, ça nous manque, on a toujours vécu ici."
"On a encore 12 ans de crédit à payer pour la maison, devenue inhabitable.... Le peu d'argent qu'on reçoit, on est obligé de le garder pour payer le crédit.... On n'a plus rien." (C'est un problème fréquent au Japon: les gens continuent de payer les crédits quoi qu'il arrive, même si leur maison est effondrée ou devenue insalubre suite à une catastrophe).
"Ma maison, c'est la maison jaune avec la grande baie vitrée, face à la mer, que tu as vue tout à l'heure. Elle est belle, hein ? Elle est très fortement contaminée, il n'y a plus rien à faire."
En temps normal, après une catastrophe naturelle, les gens s'entraident, nettoient, reconstruisent ensemble, et la vie repart.... MAIS UNE CATASTROPHE NUCLEAIRE N'EST PAS UNE CATASTROPHE NORMALE. Il ne reste que des ruines, des maisons vides et des villes-fantômes, et on ne peut rien faire, rien réparer : ni les routes, ni les toits, ni les murs, ni les cimetières, ni les étables.... Plus de place pour les hommes, plus de place pour leur labeur, plus de place pour leurs animaux ni leurs champs. C'EST COMME SI L'HOMME ETAIT DE TROP.
Quelqu'un qui se retrouve sans rien et dont la vie professionnelle avait toujours tourné autour des centrales m'a finalement dit : "Il faudrait une autre forme d'énergie..." »
http://fukushima.over-blog.fr/
_________________ Que le Sacré-Coeur de Jésus soit loué, adoré et glorifié à travers le monde pour des siècles et des siècles. Amen.