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 La dimension gnostique et satanique de l'oeuvre artistique de Romeo Castellucci

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Bea
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Date d'inscription: 18/11/2010

MessageSujet: La dimension gnostique et satanique de l'oeuvre artistique de Romeo Castellucci   Dim 6 Nov - 0:05

La dimension gnostique et satanique de l'oeuvre artistique de Romeo Castellucci


Paravenirdelaculture- Publié le 05 novembre 2011

La polémique autour du spectacle "Sur le concept du visage du Christ" de Romeo Castellucci s'est déplacée à Rennes, où cette pièce sera jouée la semaine prochaine au Théâtre National de Bretagne, dans le cadre du festival Mettre en Scène.

De jeunes catholiques ont déjà lancé un appel à manifester le jeudi 10 à 18 h 30, au départ de la place de Bretagne, à Rennes.

Comme à Paris, les jeunes catholiques s'insurgent contre la provocation christianophobe du metteur en scène italien qui, au dernier acte de sa pièce, fait déverser de la matière fécale sur le beau visage du Christ d'Antonello da Messine. (Nous avons dénoncé ici l'inspiration foncièrement freudienne et anti-chrétienne de tout le spectacle et de cette scène en particulier.)

L'archevêque de Rennes, Mgr d’Ornellas, a réagi à cette convocation en affirmant qu’ « il est clair qu’il n’y a pas de christianophobie dans cette pièce de théâtre. […] Ne nous trompons pas de combat en luttant contre une christianophobie à laquelle on veut nous faire croire. […] Manifester contre Castellucci est une erreur de perspective. »

En effet, pour le prélat, « Castelluci veut nous conduire plus loin. Dans ce vieillard qui se vide de lui-même, "de sa dignité", dit-il, il montre aussi le Christ qui s’est vidé de lui-même "jusqu‘à la mort et la mort de la Croix", comme le chante saint Paul (Philippiens II-Cool ».

A propos d'une scène qui figurait au festival d'Avignon, mais supprimée à Paris, dans laquelle des enfants jetaient des grenades sonores sur le visage du Christ, Mgr d'Ornellas affirme: « Au premier abord, ce geste est très (trop ?) provocant. Il exige un surcroît de réflexion pour que soit déchiffré ce qu’a voulu dire l’auteur ».

Pour sortir de l'impasse de ces deux interprétations opposées de ce qu'a voulu dire l'auteur – celle de jeunes qui croient que le versement d'ordures sur le visage du Christ est la clé d'interprétation du reste de la pièce, et celle de l'archevêque qui pense que c'est la sollicitude du fils envers le père incontinent qui en devrait être la clé pour la déchiffrer – nous proposons une solution évangélique.

Le divin Maître nous a appris que « tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits ».

S'il y a un doute sur la qualité du fruit… regardons du côté de l'arbre !


Pour cela il suffit de relire ce que Romeo Castellucci a exposé concernant sa vision du monde et son travail d'artiste.

A partir des paroles sorties de sa bouche, nous serons à même de conclure qui a fait une erreur d'appréciation : les jeunes manifestants, en se trompant de cible, ou Mgr d'Ornellas, en prenant un mauvais compagnon de route…

A vous de juger !



L'interview ci-après a été accordée par Romeo Castellucci à la revue australienne RealTime Arts (n°52 Déc-Jan 2002) à l'occasion de la présentation de sa pièce Genesi au Festival de Melbourne.



Pour comprendre les propos de Castellucci, il faut d'abord situer la pièce.

Voici comment RealTime Arts présente Genesi :


"L'histoire de Dieu créant amoureusement l'Univers, après quoi l'Homme a commis le péché originel et fut expulsé du Jardin de l'Eden, est bien connue. Moins familière est pourtant la version mystique, judéo-chrétienne que l'on trouve dans le Gnosticisme, la Kabbale et les Rose-croix. C'est cette version que Castellucci représente par le moyen de sons, performances physiques et effets massifs, spectaculaires. Castellucci puise dans les mêmes traditions qui ont servi d'inspiration à des artistes tels que Baudelaire, Antonin Artaud, Peter Brook […]

"Dans cette version plus sombre de la Genèse, l'acte de création n'est pas celui de l'amour, mais une terrible erreur. La Kabbale, par exemple, parle de l'univers comme étant créé lorsque les pots sacrés portant la Parole de Dieu sont tombés, les faisant exploser en millions de morceaux imparfaits.

L'acte de création est donc une transgression violente contre les lois de l'univers, et donc toute la Création contient en elle le chaos bouillonnant d'un proto-univers antérieur à l'acte de Création lui-même.

Ce n'est pas l'amour qui règne dans cet univers, mais la Cruauté. Ce n'est pas l'homme qui a péché, mais Dieu.

Tout l'art, le théâtre et l'histoire constituent donc un récit de cet acte initial de la violence primordiale"

Maintenant, quelques extraits de l'interview, traduits par nous-mêmes. Le titre est de RealTime Arts.


******

* *



L'Ange de l'art est Lucifer

Propos recueillis par Jonathan Marshall

[…]


-- Vous avez déclaré que "la Genèse m'effraie plus que l'Apocalypse" car elle représente "la terreur d'une possibilité sans fin". Ceci semble s'inspirer beaucoup des écrits d'Antonin Artaud et de Herbert Blau, ainsi que des doctrines Gnostiques et Kabbalistiques par lesquelles Artaud lui-même était influencé. Seriez-vous d'accord avec les idées habituellement associées à cette cosmologie ? Par exemple, Artaud prétendait qu'un chaos terrifiant existait avant la Création et que celui-ci est resté éternellement présent, latent ou immanent à l'intérieur de chaque existence quotidienne. Il prétendait que ce 'chaos' est le 'double' logique du théâtre. Le but le plus élevé et la vertu la plus éminente du théâtre sont-ils donc de pouvoir représenter – ou au moins d'arriver près de représenter – ce chaos à travers une représentation vivante ?

Castellucci : […] Si le grand domaine des possibilités ouvertes appartient à Dieu, le fait que certaines possibilités ont été mises ensemble et produites doit appartenir – selon certaines traditions kabbalistiques – au poids du corps lui-même. Dieu doit se transformer Lui-même dans quelque chose 'de la chair' afin de pouvoir manifester des possibilités qui, autrement, demeureraient irréalisées dans un monde inconsistant. On peut [selon ces traditions] expérimenter des possibilités à travers l'invocation d'éléments matériels, charnels, et, à travers une conjonction de ces éléments, expérimenter avec eux.

Le théâtre n'est pas quelque chose qui doit être 'reconnu' : 'Je-vais-au-théâtre-pour-reconnaître-les-études-sur-Shakespeare-que-j'ai-faites'. Ce ne devrait pas être ça, mais plutôt un chemin à travers l'inconnu, vers l'inconnu. Ce que moi et d'autres avec une conception similaire avons essayé de faire au cours des années a été de porter haut le scandale de la scène et de le maintenir toujours vibrant. […]

A ce propos, je crois que la pensée d'Antonin Artaud est d'une importance fondamentale pour la compréhension totale de la forme occidentale. Il plonge le problème de la forme dans un bain de violence qui réveille ce qui entretient un vrai théâtre. C'est là que la forme devient esprit. On parle ici, en fait, sur l'alchimie de la transformation, de la transmigration d'une forme dans une autre. Il y a évidemment un aspect du Catholicisme qui influence et qui est inhérente à ce type de théâtre, qui est lié au moment où, pendant l'Eucharistie, l'Hostie est transformée dans le Corps du Christ. Ce fait eucharistique est aussi une idée que l'on trouve chez Artaud : cette idée de transformer un corps, de donner un corps, de couper un corps en morceaux, de libérer un corps de ses organes : ce sont tous des éléments qui proviennent d'une telle conception chrétienne. […]


-- Croyez-vous que ce type d'idées ont pris une importance particulière à la lumière d'événements du XXe siècle tels l'Holocauste, et même d'événements plus récents comme les guerres en Yougoslavie, le 11 septembre et la décimation de l'Afghanistan ?

Castellucci : Les événements que vous avez rappelés, les massacres, les génocides, les désastres que l'humanité a expérimentés dans son histoire récente, constituent un abîme qui est nécessairement connecté avec la Création. Pendant la Création, c'est le Verbe de Dieu qui créa ; dans ces événements, cependant, il y a Son silence. Le théâtre est appelé à la rescousse pour embrasser les hauteurs et les abîmes de l'expérience humaine – mais non pas par l'illustration, ni à travers la production d'information. L'expérience de l'abomination est trop profonde pour être consommée à la surface [de simples apparences]. Il est maintenant nécessaire que nous commencions tous à envisager le terme «tragédie» de manière à repenser collectivement le destin de l'humanité. Le théâtre est appelé à répondre à cette tâche par la radicalité de sa forme, qui est celle d'un art vivant.


-- A partir de cela, êtes-vous d'accord que tous les actes créatifs constituent un acte de violence, ou au moins une violation du tabou contre la création? J'ai à l'esprit ici votre commentaire que Lucifer, l'ange déchu est le premier artiste avec lequel l'humanité peut s'identifier.

Castelucci : Naturellement, le thème de la Genèse met en évidence le problème du Commencement. Au Début chaque artiste sait que la scène vide est une mer ouverte de possibilités. C'est aussi ce qui constitue la 'terreur de la scène'. Ce n'est pas -- au moins en ce que je suis concerné -- une terreur ou une peur du vide en soi, mais plutôt une terreur de plénitude : il y a trop de monde. La quantité nous submerge. La matière est obscure. Par conséquent, chaque fois que l'artiste élabore sur ce chaos, de manière à faire en sorte que quelque chose sorte de lui, on reconnecte ces possibilités. Des lignes et des constellations sont alors créées... par parthénogenèse, presque indépendamment de la personnalité de l'artiste. En ce qui concerne le Commencement et la Fin, il est évident que le théâtre a en soi, ontologiquement, dans ses textures profondes, ce problème du Commencement et de la Fin -- parce qu'ils sont co-pénétrés. Le théâtre est un art corporel par excellence, lequel par définition, quand il 'est vraiment là' en face du spectateur, il finit aussi en même temps. Le théâtre est né au même moment qu'il meurt, et vice versa.

Quel sens y-t-il à répéter maintenant ces paroles qui sont les premières paroles de la Genèse elle-même et sont donc les choses elles-mêmes, le monde lui-même? Ces paroles de la Genèse sont-elles les paroles qui ont causé l’existence du monde, et donc aussi celles qui ont fait émerger la scène? La seule personne qui pouvait supporter le poids de ces paroles créatrices est celui qui le premier parla un «double langage», celui qui le premier a pris les habits d'un autre -- à savoir Lucifer. Tout au long de l'histoire de l'humanité, Lucifer s'est toujours fait entrevoir à travers des déguisements et des costumes, en adoptant les paroles de quelqu'un d'autre. Il a aussi fait cela au Début, en revêtant la peau du Serpent et la langue du Serpent. Il a dédoublé pour la première fois les paroles de quelqu'un d'autre, en disant: «Est-ce vrai ce que Dieu a dit ?», créant ainsi une forme de mimétisme, une forme de dédoublement du langage. Il est en fait le premier à travailler dans la surabondance du langage, pour exploiter le théâtre comme une énergie, en donnant ainsi origine à l'art. L'art trouve dans ce noyau d'origine sa relation privilégiée avec le mal. Le mal est ailleurs l'aspect extrême de la liberté que Dieu a concédé à tous les êtres. Lucifer vit dans l'état de sa condamnation qui est, très exactement, de vivre dans la région du non-être. Pour revenir à l'état d'être, Lucifer est contraint d'assumer le déguisement de quelqu'un d'autre, la voix de quelqu'un d'autre. L'art devient nécessaire quand on n'est plus dans le Paradis. En ce sens, la seule personne qui pouvait endurer l'acte de redire les paroles de Dieu, et encore plus dans leur langue originale hébraïque, c’était Lucifer.

[…]

-- Cela semble suggérer que tant le contenu que le style de Genesi visent à créer un sens très étrange du temps et de la temporalité – ou éventuellement un état où le temps ne semble pas passer. Vous vous êtes décrit vous-même comme dans un 'état de suspension' qui 'annule le temps'.

Comment y parvient-on ? C'est bien ce que j'ai décrit ci-dessus que vous essayez de faire passer?

Castellucci : […] Mon spectacle Genesi n’est pas uniquement la Genèse biblique, mais c’est celle qui met au monde (en scène) ma prétention rhétorique de refaire le monde : elle met en scène les aspects les plus vulgaires de mon être : l’artiste, celui qui veut voler à Dieu le dernier et le plus important des sepiroth[1] . Voilà le secret de Polichinelle : voler à Dieu.

Bref, la Genèse m’effraie beaucoup plus que l’Apocalypse. La terreur de la pure possibilité est là dans cette mer ouverte à toute possibilité. Et là je me perds dans la forme. Car l’Ange de l’Art c’est Lucifer. C’est le premier Être qui endosse et assume le costume et les vêtements d’un autre pour Être. Il a dupliqué le langage et l’a traduit, il est à lui seul l’art de la transformation. Il vient de la région du Non-Être. L’unique possibilité pour lui de revenir dans la zone de l’Être est de le faire dans la voix, le corps, le nom d’un autre, et ça, c’est le théâtre. Cette zone de non-être est la condition génitale de chaque création, elle permet cette nécessaire destruction qui conjure et détourne toutes les superstitions.

[1] Elément de base de la numérologie kabbalistique hébraïque. La Kabbale traite de la nature de Dieu et de son essence. La divinité justifie son existence en étant active et créatrice. C’est pourquoi elle passe par les sepiroth ou “intelligences” qui émanent de lui comme des rayons de lumière. Les dix sepiroth représentent l’évolution progressive du monde à partir du néant. Ils sont le symbole de l’homme primordial et de l’homme céleste dont l’homme terrestre n’est que l’ombre.




http://avenirdelaculture.fr/article/christianophobie/la-dimension-gnostique-et-satanique-de-romeo-castellucci

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Bea
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MessageSujet: Re: La dimension gnostique et satanique de l'oeuvre artistique de Romeo Castellucci   Dim 6 Nov - 0:07

ce pauvre gars est fou...

il a des neurones pas cuits...

ou cuits dans un four, dont j'eviterai de dire le nom


nous pouvons Prier pour lui....

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coeur triste
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MessageSujet: Re: La dimension gnostique et satanique de l'oeuvre artistique de Romeo Castellucci   Dim 6 Nov - 10:57

Shocked Ces gens la consomment de la drogue, vont en extase et écrit leur textes ou quoi? oops2
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La dimension gnostique et satanique de l'oeuvre artistique de Romeo Castellucci

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